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Policier suspendu 10 jours pour avoir heurté un cycliste

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Un policier montréalais vient d’être suspendu 10 jours pour avoir «manqué de jugement» en heurtant un cycliste qu’il poursuivait avec son autopatrouille.

«[Il] devait savoir que la manœuvre qu’il faisait comportait des risques élevés de blessures graves pour le cycliste. En agissant comme tel, le policier a mis inutilement la vie et la sécurité [du cycliste] en danger», lit-on dans la décision rendue récemment par le Comité de déontologie policière.

Par chance, Bernard Labrosse «n’a subi que de légères entailles au front».

Les faits remontent au 13 novembre 2012, alors que l’agent Roberto Tomarelli aidait des collègues à localiser M. Labrosse, qui était recherché.

En patrouillant dans le secteur LaSalle, l’agent Tomarelli remarque un homme sortant d’une entrée de garage à vélo. Il l’interpelle pour l’identifier, mais le cycliste prend la poudre d’escampette en zigzaguant.

Le cycliste – qui s’est avéré être l’homme recherché – a joué au chat et à la souris avec le policier, allant même jusqu’à passer sur un feu rouge du boulevard Newman.

«Bang»

L’agent Tomarelli évalue la vitesse du cycliste à environ 20 km/h et croit être en mesure de le devancer pour mettre fin à la poursuite.

«Le policier accélère en le dépassant afin de pouvoir immobiliser son véhicule en angle et ensuite tenter de l’intercepter à pied», relate le Comité de déontologie.

Pendant cette manœuvre, l’agent a perdu M. Labrosse de vue pendant quelques secondes. Il ne l’a aperçu à nouveau qu’après avoir entendu «bang».

Le policier Tomarelli, qui comptait 14 ans d’expérience à l’époque, venait de heurter la roue arrière du vélo avec son autopatrouille. M. Labrosse était au sol, saignant au niveau du sourcil.

L’agent Tomarelli a été reconnu coupable de pas avoir utilisé son véhicule avec prudence et discernement en janvier dernier.

Danger pour la vie

Bien que le policier ait admis après coup avoir mal évalué la vitesse du cycliste, le Comité de déontologie n’a pas été tendre à son endroit.

«Quant à la gravité de l’inconduite commise par l’agent Tomarelli, il est important de retenir que la manœuvre qu’il a exécutée était imprudente et qu’elle a mis en danger la vie d’une personne», stipule la décision.

Le Comité a aussi tenu à rappeler que les policiers ne peuvent pas jouer avec la sécurité des citoyens lors d’une poursuite.

«Ils doivent faire preuve de jugement et être encore plus vigilants lorsqu’ils sont à la poursuite d’un cycliste, ce que l’agent Tomarelli n’a pas fait dans les circonstances», écrit le Comité, mentionnant que le policier «a manqué de jugement».

Voulant que la sanction soit exemplaire, le Comité a donc condamné le policier sans aucun antécédent disciplinaire à 10 jours de suspension sans solde.