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Des résidents exaspérés et angoissés

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Photo Agence QMI, PATRICK DUCHESNEAU

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Le grabuge perpétré à Montréal-Nord mercredi soir semble avoir installé un climat d’angoisse dans le quartier, où les vandales ont fait face à peu de résistance de la part des policiers.

«Les gens sont fâchés, ils sont mécontents du grabuge, que la police n’ait rien fait», a observé jeudi Christine Black, candidate à la mairie aux élections partielles qui auront lieu dans Montréal-Nord le 24 avril prochain.

Portes fermées

Sans blâmer les policiers, Mme Black comprend les résidents d’être exaspérés que leur arrondissement fasse une fois de plus les manchettes.

Au lendemain du saccage, l’angoisse était palpable. Le Journal s’est présenté sur les rues Pascal et Arthur-Chevrier afin de sonder les résidents. Une quinzaine d’entre eux ont catégoriquement refusé d’ouvrir la porte alors qu’ils étaient bel et bien présents. «Qui êtes-vous? Que voulez-vous?» ont-ils demandé, tout en laissant leur porte fermée et verrouillée.

L’attitude des résidents était pourtant différente la semaine dernière, au lendemain de l’opération policière qui a coûté la vie à Jean-Pierre Bony. Une représentante du Journal s’était rendu sur la rue Arthur-Chevrier, où elle n’avait eu aucune difficulté à recueillir des témoignages. Certaines personnes se portaient même volontaires pour raconter leur version des faits.

«C’est pas des affaires normales, a confié une résidente qui a requis l’anonymat jeudi. On devrait pouvoir dormir sur nos deux oreilles, et là ce n’est pas le cas. On sent vraiment de l’exaspération et de la peur.»

«On va déménager. On ne veut pas rester ici», avaient aussi signifié des résidents pendant les débordements de mercredi.

Case départ

«Ça ajoute au stigmate de Montréal-Nord, qui est vue comme la bête noire», déplore Don Harley Fils-Aimé du Regroupement d’intervenants d’origine haïtienne. M. Fils-Aimé s’inquiète encore plus de l’impact de la mort de Jean-Pierre Bony sur la communauté que de celles des dégâts de mercredi. «On retourne à la case départ [...] Il va encore falloir réconcilier la police avec la population», soupire-t-il.

– Avec la collaboration de Marie-Christine Noël

 
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