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Pakistan: les premières femmes policières dans les zones tribales sont chrétiennes

Pakistan: les premières femmes policières dans les zones tribales sont chrétiennes
Photo AFP

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La police dans les zones tribales du Nord-ouest pakistanais, une région conservatrice bordant l’Afghanistan, a pour la première fois recruté des femmes. Et ce sont des chrétiennes qui ont été choisies, a annoncé vendredi un responsable.

Les trois recrues faisaient partie d’un groupe de 15 chrétiennes ayant postulé pour ces emplois ouverts à des femmes de toutes les confessions, y compris de la minorité chrétienne qui représente environ 2 % de la population de ce géant musulman de près de 200 millions d’habitants.

Dans ces zones tribales lourdement infiltrées par des groupes jihadistes, et où les femmes sont le plus souvent confinées aux taches ménagères, aucune musulmane n’a postulé, ont précisé les autorités.

«Je ne veux pas rester à la maison comme les autres femmes. Je veux servir mon pays et aider ma famille», a déclaré Riffat Abid, une recrue âgée de 21 ans, rencontrée par l’AFP à Landi Kotal, un village dans la zone tribale de Khyber où vivent quelques familles chrétiennes.

Le travail principal des recrues féminines sera «d’effectuer des fouilles corporelles sur des femmes traversant la frontière au poste de Torkham», qui sépare le Pakistan de l’Afghanistan sur la route entre Peshawar et Jalalabad, a déclaré à l’AFP Khalid Khan, un haut responsable de la police locale.

«Ces recrues vont aussi nous aider à mener des perquisitions dans des résidences», a-t-il ajouté.

La police pakistanaise emploie déjà de nombreuses femmes, mais pas dans les sept zones tribales du Nord-Ouest qui, ensemble, forment une région semi-autonome de la taille de la Belgique.

«Nous pensons qu’il s’agit d’un premier pas, car nous espérons que plus de femmes postuleront à ces postes, chrétiennes et musulmanes», a souligné un autre responsable dans la zone tribale de Khyber, où est planté le poste-frontière de Torkham.

«Ce fut le plus beau jour de ma vie. Notre famille est réduite à la pauvreté depuis des générations et je veux en finir avec ça», a lancé Mehak Ghaffar, une recrue de 20 ans dont le mari doit faire vivre les 12 membres de sa famille avec un salaire mensuel de 7000 roupies (60 euros).

«Au moins, mes enfants ne seront pas balayeurs», emploi de nombreux chrétiens au Pakistan, a-t-elle ajouté.

Après une formation de trois mois, ces recrues commenceront leurs nouvelles fonctions parmi les 4500 policiers des zones tribales. «Je serai un homme en quittant la maison, cela me rend heureux de savoir que j’aiderai ma famille» financièrement, estime Naila Jabbar, pétillante troisième recrue.