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Bob Gainey: valeureux capitaine et grand frère

Au sein d’une équipe comptant autant de recrues, Bob Gainey a non seulement dû jouer son rôle de capitaine mais aussi celui de grand frère.

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Larry Robinson et Bob Gainey avaient vécu les quatre conquêtes consécutives de la coupe Stanley dans les années 1970. Lors des séries de 1986, ils étaient les doyens vers qui les jeunes se tournaient.

«On se devait d’être de bons guides pour eux, a confié Gainey dans une entrevue accordée au Journal de Montréal. Dans les années 1970, on formait une équipe bien établie et les joueurs comprenaient très bien ce qu’ils devaient faire pour gagner la coupe.

«L’histoire était bien différente en 1986, en ce sens qu’il n’y avait pas de plan bien établi indiquant la marche à suivre, a-t-il ajouté. Plusieurs grands joueurs avaient quitté le Canadien et il a fallu créer notre propre identité.

«On a dû tracer notre propre route en surmontant divers obstacles au cours de la saison. On a trébuché plus d’une fois mais on a su connaître du succès en fin de campagne, quand ça comptait le plus.»

La plus gratifiante

Gainey a apprécié chacune de ses cinq conquêtes de la coupe Stanley, mais celle de 1986 a été la plus gratifiante en raison de son rôle de capitaine et du fait que personne ne s’attendait vraiment à voir le Canadien gagner la coupe.

«J’ai suivi l’exemple d’un capitaine comme Yvan Cournoyer, a-t-il expliqué. J’offrais toujours mon plein rendement et j’essayais d’inspirer mes coéquipiers par la qualité de mon jeu sur la patinoire.

«Et lorsqu’un coéquipier était confronté à des problèmes en dehors de la glace, j’étais à l’écoute dans le but de l’aider à trouver une solution.»

10 marqueurs de 19 buts et plus

Gainey a beaucoup apprécié cette formation de 1985-86 en raison de sa diversité, de sa polyvalence.

«C’était un bel amalgame de talent. Serge Savard et André Boudrias avaient vraiment mis sur pied une solide formation. On avait une attaque très bien équilibrée puisque 10 joueurs avaient enregistré 19 buts et plus au cours de la saison», a-t-il souligné.

«Mats Naslund avait connu une campagne sensationnelle avec 110 points et il en avait ajouté 19 dans les séries. Kjell Dahlin avait marqué 32 buts et récolté 71 points à sa saison recrue. Stéphane Richer avait marqué 21 buts.»

«Patrick Roy et Claude Lemieux avaient été étincelants tout au long des séries. Claude apportait une dimension différente à notre équipe par sa combativité. Patrick et lui étaient de féroces compétiteurs.

«Ils voulaient gagner la coupe Stanley, eux qui avaient remporté, contre toute attente, la coupe Calder l’année précédente à Sherbrooke puisque le club-école s’était qualifié pour les séries de peine et de misère. Cela avait eu pour effet de forger leur caractère.

«Ces deux gars-là étaient des gagnants nés et ils ont continué de le faire après avoir quitté le Canadien.»

Un trio défensif productif

Gainey n’a pas manqué de souligner le travail des héros obscurs, des gars comme Mike Lalor, Gaston Gingras, David Maley, Lucien Deblois et Serge Boisvert.

«On avait une équipe bien bâtie puisqu’on s’est rendu en finale de conférence et en finale de la coupe Stanley dans les années suivantes.»

Gainey formait un trio défensif du tonnerre avec Guy Carbonneau et Chris Nilan.

«On avait totalisé 60 buts (59 pour être précis) durant la saison régulière, dont probablement 50 buts réussis à forces égales», a-t-il rappelé.

«Nous étions tout aussi efficaces offensivement que défensivement. Chris (Nilan) avait beaucoup amélioré son jeu sous la férule de Jacques Lemaire.»

Fini, le hockey pour Gainey

Pour la première fois depuis sa tendre enfance, Bob Gainey n’est pas impliqué dans le monde du hockey cette année. Il occupait jusqu’à l’an dernier un poste de conseiller avec les Blues de St-Louis, mais il profite maintenant d’une véritable retraite.

«Je passe l’hiver en Floride et l’été à Peterborough, tout en venant régulièrement faire un tour à Montréal pour visiter ma fille», a confié l’homme âgé de 62 ans.

«Je fais un tas de petites choses.

Je joue au golf, je voyage avec des amis, je vais au théâtre.

«Je regarde encore des matchs de hockey à l’occasion à la télé et ça m’attriste de voir que le Canadien a connu une saison difficile. Je souhaite à l’équipe de revenir en force la saison prochaine.»