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Chris Nilan est fort reconnaissant envers Gainey et Carbo

Chris Nilan a été l’un des meilleurs bagarreurs dans l’histoire du Canadien, mais il avait aussi développé des talents comme marqueur.

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Le combatif ailier a connu des saisons consécutives de 16, 21 et 19 buts avec le Canadien et il jouait un rôle important au sein de l’équipe lors de la conquête de la coupe Stanley en 1986.

Nilan formait un excellent trio défensif en compagnie de Guy Carbonneau et de Bob Gainey.

«De jouer à leurs côtés a été très bénéfique pour moi, a commenté Nilan. Je ne les remercierai jamais assez. Claude Ruel et Jacques Lemaire m’ont eux aussi beaucoup aidé à m’améliorer comme attaquant.

«C’est toutefois lorsqu’on m’a placé à l’aile aux côtés de Bob et de Carbo que j’ai connu mes meilleurs moments. Ils m’ont permis de mieux comprendre le jeu et de corriger mes erreurs», a expliqué l’ancien dur à cuire du CH.

Tout un compliment de Ken Linseman!

Nilan s’emballe lorsqu’on lui demande de parler de ce trio qu’il a qualifié «d’unique en son genre».

«Ken Linseman m’avait avoué cette année-là qu’on formait possiblement le meilleur trio défensif de l’histoire de la LNH. Je ne sais pas s’il avait exagéré, mais c’était assurément le meilleur trio défensif du circuit au milieu des années 1980», a-t-il affirmé.

«On neutralisait non seulement les efforts de la meilleure ligne d’attaque de l’équipe adverse mais on parvenait chacun à obtenir 20 buts par saison. Il fallait le faire.»

Un immense respect

Nilan voue un immense respect à l’endroit de Carbonneau et de Gainey.

«Bob était le genre de joueur capable de tout faire sur la patinoire, a-t-il souligné. Il était un joueur complet. Carbonneau était un habile fabricant de jeu et un as au chapitre de l’échec avant, ainsi que pour bloquer des tirs.

«De mon côté, j’avais l’avantage de pouvoir régler certaines situations par la force de mes poings, de faire mal à l’adversaire avec de solides mises en échec. On se complétait très bien.»

  • Le trio Gainey-Carbonneau-Nilan a récolté 13 buts au cours des séries 1986.

Nilan avait fait vivre l’enfer à Larouche

Photo d'archives

Chris Nilan se souvient que Pierre Larouche, alors avec les Rangers de New York, avait détesté l’affronter au cours des séries de 1986.

«Pierre était un sacré bon gars et nous avions été coéquipiers à Montréal, a raconté Nilan. Il a essayé de m’amadouer avant le début de la série en venant jaser avec moi au centre de la glace, comme pour prendre de mes nouvelles. Je ne suis pas tombé dans le piège qu’il me tendait.

«Je lui avais fait savoir qu’il n’était plus mon ami mais plutôt un rival à abattre. Je me suis donc fait un devoir de lui rendre la vie misérable durant toute la série. Je le frappais solidement. Je lui donnais des coups de bâton. Il n’y a rien que je n’ai pas fait pour l’empêcher de nous faire mal avec ses talents offensifs.»

L’intervention de Savard

Nilan croit que le tournant de cette saison 1985-86 fut la réunion organisée par Serge Savard avec ses vétérans au mois de mars.

«Serge a su dire les bonnes choses pour nous faire comprendre qu’on pouvait encore se ressaisir. Il a calmé la troupe. Ronald Corey nous avait parlé lui aussi. Ces discours de motivation avaient eu l’effet d’un bon «wake-up call» et on s’est mis à gagner dans les séries pour ramener la coupe à Montréal.

«Jamais je n’oublierai les buts victorieux réussis par Claude Lemieux, surtout celui survenu lors du septième match de la série contre Hartford. Sans les coups d’éclat de Claude, je n’aurais pas une bague de la coupe Stanley au doigt.»

Des prises de bec

Nilan n’était pas un joueur facile à diriger et il a eu de bonnes prises de bec avec Jean Perron.

«Je n’étais pas content de la manière qu’il faisait les choses et j’ai critiqué son travail ouvertement, a-t-il reconnu. Ça m’a valu d’être échangé aux Rangers et je l’ai regretté parce que j’aurais voulu être un membre du Canadien durant toute ma carrière.

«Peu importe ce que j’ai pu dire au sujet de Jean, il a su mener l’équipe vers la conquête de la coupe Stanley et personne ne peut lui enlever ça. Nous étions plusieurs joueurs à être mécontents. J’ai commis plusieurs erreurs au cours de ma vie et j’ai dû accepter de vivre avec les conséquences.»

Nilan raconte d’ailleurs sa vie et son combat contre la dépendance à l’alcool et aux drogues dans un excellent bouquin intitulé «Fighting Back, the Chris Nilan story».

  • Chris Nilan vit à Montréal et il anime depuis plus de trois ans sa propre émission sur TSN Radio 690, un boulot qu’il adore parce que ça lui permet de garder le contact avec les amateurs de hockey.

Quand Lemaire a sermonné Nilan...

Même s’il avait cédé sa place derrière le banc à Jean Perron, Jacques Lemaire en menait encore large chez le Canadien au printemps 1986. Il agissait à titre de directeur du personnel hockey et d’adjoint à Serge Savard. Il lui arrivait de se mêler des opérations quotidiennes de l’équipe.

Perron étant un entraîneur-chef recrue. Lorsqu’on a demandé à Lemaire quelle est la première chose qui lui vient à l’esprit lorsqu’il pense à la conquête de la coupe Stanley en 1986, il cite le nom de Chris Nilan. Lemaire n’a pas oublié que Nilan faisait parfois la vie dure à Perron. Il avait donc décidé de s’impliquer pour faire comprendre certaines choses au robuste attaquant, alors que les séries venaient de se mettre en marche.

«Je lui avais clairement dit: «Chris, ton travail est de jouer au hockey. Ce n’est pas ton rôle de diriger l’équipe». Il semble l’avoir compris car il a arrêté de chialer et il a joué du bon hockey durant toutes les séries. Chris avait un caractère très fort et il voulait parfois en montrer à Jean.»