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Claude Lemieux: La naissance d’une réputation

À ses premiers pas dans les séries de la LNH, le Québécois avait eu son mot à dire dans la conquête du Canadien

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Lorsque les séries de la LNH se mettent en branle, on assiste souvent à des performances qui marquent l’histoire. Celle de Claude Lemieux en 1986 fait partie de cette catégorie.

Avec une dizaine de matchs à disputer en saison régulière, l’attaquant avait été rappelé par le grand club en raison de plusieurs blessures chez les joueurs de sa position. Il ne savait pas que les semaines suivantes allaient mettre la table pour le reste de sa carrière.

«J’étais simplement content d’être là», a indiqué Claude Lemieux lors d’un entretien avec le Journal de Montréal.

Il n’a pas perdu de temps avant de se démarquer et sa contribution a permis au Tricolore de se qualifier pour les séries. Puis, dès le premier tour contre Boston, Lemieux s’est fait rapidement un nom avec du jeu inspiré.

«Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’avais toujours confiance en mes moyens pour bien jouer lors des gros matchs», a souligné l’auteur de 16 points, dont quatre buts gagnants, durant cette conquête.

Un miracle

Pour amorcer les séries, l’entraîneur Jean Perron avait décidé de placer Lemieux avec Brian Skrudland et Mike McPhee pour former une unité qui avait la mission de donner de l’énergie à leur équipe.

«On représentait le troisième trio et j’avais aussi un peu de temps de glace en avantage numérique, a précisé le Québécois. Les rondelles ont commencé à rentrer et le reste fait partie de l’histoire.

«Je savais que c’était un miracle ce qui se produisait sur la glace et que ce serait dur de le refaire un jour.»

En plus de distribuer les coups d’épaule avec régularité, celui qui portait le numéro 32 était une véritable peste sur la glace en lançant quelques pointes à ses adversaires.

Il n’était pas rare de voir une escarmouche éclater après l’un de ses commentaires incendiaires. Ça faisait partie des éléments qu’il apportait dès que le printemps se pointait le bout du nez.

Un rythme effréné

Au cours de sa carrière, Claude Lemieux a connu du succès en saison régulière, mais c’est en séries qu’il s’est forgé une réputation de compétiteur féroce.

Dès la première mise en jeu, le natif de Buckingham appliquait bien l’expression «élever son jeu d’un cran».

«Mon jeu était une coche plus élevée, a raconté celui qui travaille maintenant pour l’agence 4Sports and Entertainment. J’apportais un niveau encore plus physique et intense. Je n’aurais pas été en mesure de jouer de cette façon pendant 80 matchs.»

Quoi qu’il en soit, Lemieux ne faisait pas de compromis dès qu’il mettait le patin sur la glace. Et c’est pour cette raison qu’il a été en mesure d’inscrire son nom sur la coupe Stanley pour la première fois de sa carrière en 1986.

Un but magique

Photo d'archives

Claude Lemieux a souvent été l’homme des grandes occasions pendant le parcours du Canadien vers la Coupe Stanley.

Il a inscrit son but le plus important en  prolongation lors du septième match contre les Whalers de Hartford en finale de division. «Pépé» s’en souvient comme si c’était hier.

«Hartford avait égalé la marque en fin de troisième période, a-t-il raconté. Durant l’intermission, mes coéquipiers ne semblaient pas confiants dans le vestiaire et je me demandais pourquoi.

«Je me suis dit qu’il ne fallait pas que ça arrête et qu’il fallait qu’on fasse quelque chose de spécial.»

C’est à la fin d’une longue présence sur la patinoire que le moment crucial est survenu.

«Je me suis fait frapper par-derrière  et je me suis retrouvé la tête première dans la bande, a raconté Lemieux. J’étais en furie et je frappais tout ce qui bougeait par la suite.

«Puis, j’ai sauté sur une rondelle libre et j’ai visé le haut du filet, car le gardien des Whalers, Mike Liut, aimait bien se jeter sur la glace pour faire des arrêts. C’était un but incroyable.»

Après avoir la rondelle pénétrer dans le filet, le numéro 32 s’est mis à patiner à vive allure vers le banc du Canadien avant de chuter face première sur la glace. Ses coéquipiers, fous de joie, ont sauté sur lui.

«Je n’étais plus capable de respirer, car j’étais en fin de séquence, a précisé l’auteur de quatre buts gagnants lors des séries de 1986. À la fin de la célébration, Larry Robinson m’a donné une grosse caresse et j’ai vu qu’il avait les larmes aux yeux même s’il avait déjà remporté plusieurs coupes Stanley au cours de sa carrière.

«C’est à ce moment que j’ai réalisé l’importance de gagner à Montréal.»