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Les souvenirs de Perron ronde par ronde

Les souvenirs de Perron ronde par ronde
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Jean Perron a bien voulu nous livrer ses souvenirs des séries éliminatoires de 1986, en y allant ronde par ronde.

Première ronde | Canadien-Bruins

«Je me souviens d’être entré dans le vestiaire et de m’être fait apostropher par Bob Gainey»
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«Je me souviens d’être entré dans le vestiaire et de m’être fait apostropher par Bob Gainey»

«Après une retraite de quatre jours dans un hôtel à l’Île Charron, on a amorcé la première ronde à Montréal et on a remporté le premier match par la marque de 3 à 1. Les Bruins avaient cependant dominé le jeu en première période.

«Heureusement que Patrick était en grande forme. Je me souviens d’être entré dans le vestiaire et de m’être fait apostropher par Bob Gainey: «Qu’allons-nous faire, coach, pour l’amour du ciel?» Le capitaine était déjà inquiet.

«Ça faisait quatre jours qu’on parlait de l’importance de la discipline et de respecter le plan de match et voilà qu’on commençait les séries en ne faisant rien de tout cela. J’avais dit à Chris Nilan: «La discipline, ça concerne tout le monde, toi le premier.»

«On m’a raconté qu’il a lancé son bâton tel un javelot sur la porte lorsque je suis sorti du vestiaire. Il est allé fumer une cigarette dans la salle de musculation pour se calmer et Nilan a bien fait son boulot par la suite.

«Bobby Smith a marqué deux buts en deuxième période et tout s’est replacé pour l’équipe. On a finalement balayé les honneurs des trois matchs contre les Bruins.»

Deuxième ronde | Canadien-Whalers

«Ce fut une ronde chaudement disputée, avec des matchs à bas pointage. Les Whalers avaient éliminé les Nordiques et ils avaient le vent dans les voiles. Ils misaient sur un excellent gardien en Mike Liut et sur de dangereux attaquants  tels que Kevin Dineen, Sylvain Turgeon, Ray Ferraro, Ron Francis et Dave Tippett.

«Jamais je n’oublierai ce septième match disputé au Forum lorsque Claude Lemieux, sur des aides de Mike McPhee et de Brian Skrudland, a marqué le but en prolongation qui a éliminé les Whalers. Après cette victoire, Larry Robinson était venu vers moi et il m’avait serré dans ses bras tellement il était soulagé de nous voir atteindre la finale d’association.»

Troisième ronde | Canadien-Rangers

«La foule criait Roy, Roy, Roy, mais rien ne dérangeait sa concentration»
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«La foule criait Roy, Roy, Roy, mais rien ne dérangeait sa concentration»

«Patrick Roy fut sensationnel lors de cette série contre les Rangers. Le tournant fut cette victoire de 4 à 3 remportée en prolongation lors du troisième match au Madison Square Garden, grâce un autre but de Claude Lemieux réussi en prolongation. Patrick a connu ce soir-là un match d’anthologie en effectuant 44 arrêts. La foule criait Roy, Roy, Roy, mais rien ne dérangeait sa concentration. Comme anecdote, je me souviens que Pierre Larouche était venu me voir avant ce troisième match à New York, m’implorant de ne plus employer un joueur robuste comme Chris Nilan pour le surveiller. Il trouvait ça trop douloureux de jouer contre Chris!»

Finale | Canadien-Flames

«Après avoir éliminé les Rangers en cinq matchs, j’ai décidé de ramener les joueurs à l’hôtel à l’Île Charron. Les gars étaient en maudit après moi à l’idée de retourner à cet endroit qu’ils avaient surnommé Alcatraz. Le lendemain, après l’entraînement, je leur avais dit d’aller à la maison et ils ont bénéficié de deux jours de congé bien mérités. Il fallait attendre le dénouement de la série entre les Flames et les Oilers.

«La grande finale s’est amorcée le vendredi 16 mai à Calgary et on n’avait pas eu le temps de s’acclimater au changement sur le plan de l’altitude. J’aurais aimé arriver plus tôt mais c’était impossible car il fallait attendre le résultat du septième match entre Calgary et Edmonton. On a perdu la première rencontre de la finale par un pointage de 5 à 2. Les gars ne patinaient pas comme à l’habitude.

«Le second match était donc crucial. Il s’est terminé en prolongation sur un but de Brian Skrudland marqué après seulement neuf secondes de jeu, un record qui tient toujours le coup. Ce fut le tournant de la série.

«L’autre match clé fut le quatrième à Montréal, lorsqu’on l’a emporté 1 à 0 sur un autre but de Lemieux, en troisième période.

«On a gagné la coupe lors du cinquième match à Calgary, une victoire de 4 à 3. On avait eu chaud en fin de rencontre. Il avait fallu se défendre à 5 contre 3. Je me souviens que Rick Green avait réalisé des jeux extraordinaires en infériorité numérique.

«J’ai vécu ce soir-là le plus beau moment de ma carrière lorsque Bob Gainey est venu me remettre la coupe. Il m’avait passé la main dans les cheveux dans un geste de gratitude. J’ai d’ailleurs conservé la photo. Je me souviens aussi du voyage de retour en avion. Pendant que les joueurs faisaient la fête, je dormais à l’avant. J’étais complètement vidé.»