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L’intervention heureuse

Il avait réuni ses vétérans pour leur expliquer qu’il était hors de question de congédier Jean Perron

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Ce ne fut pas facile pour l’entraîneur-chef Jean Perron au cours de cette saison 1985-86. Ça chauffait dans la marmite au mois de mars.

Le Canadien venait d’encaisser quatre revers de suite, dont une défaite de 8 à 6 face aux Nordiques, lorsque le directeur général Serge Savard a eu l’idée d’organiser une réunion avec quelques vétérans le 22 mars, soit avant un match contre les Blues à Saint-Louis.

«Jean était contesté par certains joueurs et c’est normal lorsqu’une équipe traverse une période creuse, a expliqué Savard. Des vétérans avaient perdu confiance en lui et j’ai jugé bon de leur expliquer la situation en les réunissant dans ma suite à l’hôtel.

«Ils ont chacun pu émettre leur opinion. Je leur ai surtout fait comprendre que Jean Perron allait être notre entraîneur jusqu’à la fin de la saison et qu’il était hors de question que j’apporte un changement», a-t-il confié en entrevue au Journal de Montréal.

«On a alors assisté à un changement d’attitude au sein du groupe, même si on a subi une défaite de 3 à 2 face aux Blues, a poursuivi Savard. L’équipe s’est mise à mieux jouer et on a su terminer la saison sur une bonne note. La maturité de nos vétérans a fait la différence en fin de saison.»

Pas un véritable entraîneur-chef

On ne saura jamais si le Canadien aurait gagné la coupe sans cette intervention de Savard, mais disons qu’il avait bien choisi le moment pour imposer son autorité.

«J’aime beaucoup Jean Perron, mais il n’était pas un véritable entraîneur-chef, a expliqué Savard. Il excellait plutôt dans un rôle d’adjoint. Disons qu’il avait certaines lacunes.»

Il est en désaccord avec Perron lorsque ce dernier affirme qu’il a pris la décision d’amorcer la saison avec Patrick Roy au lieu de le retourner à Sherbrooke, comme le désirait Savard.

«C’est moi qui prenais les décisions finales et je voulais garder Patrick à Montréal, a précisé le grand Serge. Jean n’avait pas fait de pression».

Tous les morceaux du casse-tête

Savard est toujours aussi fier aujourd’hui de l’équipe qu’il avait mise sur pied en 1985-86.

«On avait un parfait mélange de vétérans et de recrues, a-t-il analysé. Tous les morceaux du casse-tête étaient tombés à la bonne place. L’acquisition d’un gros joueur de centre comme Bobby Smith en 1983 fut déterminante.

«Il avait apporté une dimension qu’on ne retrouvait pas dans l’équipe, a continué Savard. Mats Naslund a connu beaucoup de succès en jouant à ses côtés, récoltant 110 points en 1985-86. Mats était un joueur fort apprécié. Tout le monde l’aimait dans l’équipe.

«Patrick Roy et Claude Lemieux ont joué du hockey extraordinaire durant les séries et ils ont d’ailleurs terminé premier et deuxième au scrutin pour le trophée Conn Smythe, a rappelé Savard. Ce fut un printemps magique.»

Green: le meilleur dans son genre

La brigade défensive du Canadien était solide avec les Larry Robinson, Rick Green, Chris Chelios, Craig Ludwig, Mike Lalor et Gaston Gingras.

«Green était un joueur sous-estimé, a mentionné Savard. Il était un pilier à la ligne bleue. J’estime qu’en 1986, Rick était même le meilleur défenseur à caractère défensif dans la LNH.

«D’ailleurs, j’ai toujours pensé que la ligue devrait remettre annuellement un trophée au meilleur défenseur de ce type.»

Et que répond Savard lorsqu’il entend encore dire, 30 ans plus tard, que le Canadien a été chanceux de remporter la coupe en 1986?

«Notre équipe ne s’est-elle pas rendue en finale d’association l’année suivante et en finale de la coupe Stanley en 1989? On avait un maudit bon club.»