/sports/hockey/canadien
Navigation

«Neuf secondes qui ont changé ma vie» – Brian Skrudland

Coupe Stanley 1986
Photo courtoisie, Panthers de la Floride Brian Skrudland

Coup d'oeil sur cet article

Trente ans ont passé et on lui parle encore du but qu’il a marqué après neuf secondes de jeu en prolongation le 18 mai 1986, lors du deuxième match de la finale à Calgary, et qui constitue toujours un record de la LNH.

«Ce but a assurément changé le cours de ma carrière, a raconté Brian Skrudland. C’était mon premier dans les séries éliminatoires et ces neuf secondes de gloire m’ont permis de jouer dans la LNH durant 15 ans! Ce fut le tournant non seulement de ma carrière mais de toute ma vie.

«Les gens m’en parlent encore aujourd’hui, même si les partisans des Flames n’aiment pas aborder le sujet avec moi puisque je réside à Calgary...»

Ce soir-là, Jean avait pris la décision d’envoyer sur la patinoire son trio d’énergie formé de Brian Skrudland, de Mike McPhee et de Claude Lemieux pour amorcer la période de prolongation.

Il avait failli rater un filet ouvert

Après la mise en jeu, McPhee s’était emparé d’une rondelle libre en zone centrale et il avait effectué une entrée de zone en compagnie de Skrudland.

«Ça s’était passé si vite, a rappelé Skrudland. J’aime bien taquiner le défenseur Jamie Macoun en lui demandant où il était passé, pour l’amour du ciel, pour causer ce genre de surnombre en notre faveur.

«Nous nous étions retrouvés, Mike et moi, dans une descente à 2 contre 1 face à Al MacInnis, a-t-il ajouté. Mike avait feint d’effectuer un tir et il avait ainsi trompé la vigilance de MacInnis, ainsi que celle du gardien Mike Vernon.

«Sa passe était parfaite et j’avais un filet grand ouvert devant moi, a poursuivi Skrudland. J’avais néanmoins failli rater mon coup, la rondelle effleurant le poteau. Je m’en serais voulu pour le reste de ma vie si j’avais bousillé une telle occasion de marquer!»

Si Les Flames avaient gagné ce match...

Reconnu pour son ardeur au travail et son jeu défensif, Skrudland a récolté un autre but lors du cinquième et dernier match de la finale.

«Je n’ai jamais été un habile marqueur mais je suis heureux de constater que 30 ans plus tard, on se souvient encore du but victorieux que j’ai marqué à Calgary», a-t-il dit.

«Il n’est pas rare d’entendre des commentateurs faire allusion à mon but lorsqu’une période de prolongation s’amorce. Ça me fait un petit velours. Le Canadien n’aurait peut-être pas remporté la coupe en 1986 si les Flames avaient pris les devants 2 à 0 dans la série...»

Skrudland avait aussi aidé les Canadiens de Sherbrooke à remporter la coupe Calder au printemps 1985.

«Je croyais que ça allait se répéter chaque année et que j’allais manquer de doigts pour pouvoir porter toutes mes bagues de championnat, a-t-il lancé en riant. Il a fallu que je patiente jusqu’en 1999 pour savourer une autre conquête de la coupe Stanley.»

► Après avoir travaillé durant quelques années au sein de l’organisation des Panthers de la Floride comme entraîneur et directeur du développement des joueurs, Skrudland se retrouve sans emploi aujourd’hui, son contrat n’ayant pas été renouvelé par Dale Tallon l’été dernier. «Je trouve cela fort difficile, surtout que Dale ne m’a pas fourni de véritables raisons et que les Panthers connaissent du succès cette saison», a confié l’homme âgé de 52 ans, qui aimerait bien se retrouver du boulot dans la LNH.

Le message de Toe Blake

Brian Skrudland n’a pas oublié la présence du légendaire Toe Blake dans l’entourage de l’équipe au printemps 1986.

«Il venait régulièrement nous voir dans le vestiaire. Je me souviens encore de notre victoire contre les Bruins en première ronde. Monsieur Blake nous avait alors dit: «Vous n’avez rien gagné, messieurs». Puis, on a éliminé les Whalers en sept rencontres et il est venu nous livrer le même message. Ce fut la même histoire après la demi-finale remportée contre les Rangers. On avait donc bien hâte d’entendre son discours après avoir remporté la coupe Stanley contre les Flames.

«Monsieur Blake était alors entré dans le vestiaire pour nous lancer:«C’est juste une conquête de la coupe. Il faudra le refaire l’an prochain.» Je n’oublierai jamais son message, a continué Skrudland. Il avait raison. J’ai dû patienter 13 ans avant de soulever une seconde fois la coupe Stanley, soit avec les Stars de Dallas en 1999!»