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Travailler plus, gagner moins et être plus heureux

Un couple de l’Outaouais s’épanouit dans un mode de vie de fermier depuis 2004

Christine Lavoie et Carl Poirier ont toujours rêvé de posséder une ferme d’horticulture qui inclurait un volet de transformation des produits.
Photo courtoisie Christine Lavoie et Carl Poirier ont toujours rêvé de posséder une ferme d’horticulture qui inclurait un volet de transformation des produits.

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GATINEAU | Un couple exaspéré par la vie en ville se dit beaucoup plus heureux de vivre de l’agriculture, même s’il travaille plus pour gagner moins.

Carl Poirier était haut placé dans une entreprise en transformation des aliments à Montréal quand sa conjointe, Christine Lavoie, leurs trois enfants et lui ont décidé de tout quitter en 2004, malgré un revenu familial fort confortable, pour devenir propriétaires d’un lopin de terre à Lac-Simon, dans la région de l’Outaouais.

M. Poirier travaillait déjà une soixantaine d’heures par semaine, mais à la ferme, il travaille maintenant beaucoup plus. Quand ce n’est pas du travail sur la ferme, c’est du travail avec d’autres agriculteurs pour relever différents défis, comme la mise en marché.

«Je n’étais pas heureux dans mon travail à Montréal. Je voyageais beaucoup et, à un moment donné, je ne voyais plus ma famille», explique l’agriculteur.

«C’est quoi, l’argent, quand tu n’as pas la qualité de vie que tu espères avec des valeurs importantes comme la famille? Je pense qu’on est esclave de notre salaire. Ce qui fait qu’on a peur de changer de vie et de faire réellement ce qu’on veut, parce que toutes les deux semaines on a un montant d’argent qui est déposé dans notre compte.»

Depuis leur rencontre à l’Institut technologique agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, ils se sont fixé pour objectif de lancer une ferme horticole. «Depuis 1990, on chérissait le rêve d’avoir notre terre.»

Ça leur a pris 14 ans pour réussir à accumuler la mise de fonds nécessaire pour l’acheter.

«Depuis 2004, je n’ai pas de salaire, mais je travaille beaucoup. Tous mes revenus, c’est pour l’entreprise, à 100 %, dit M. Poirier. Pour moi, c’est le paradis, il n’y a pas de trafic, pas de circulation, pas de pollution lumineuse, donc je peux regarder les étoiles le soir. C’est le meilleur des mondes! Je n’ai plus l’impression de travailler. J’ai plus l’impression d’être à la retraite depuis 2004.»

Former la relève

Depuis la fondation de sa ferme, M. Poirier s’implique beaucoup dans la formation de la relève. Il a d’ailleurs poussé pour la réouverture du programme d’agriculture dans Papineauville et il a enseigné aux jeunes.

De son côté, Christine Lavoie est enseignante en agriculture au Collège Lionel-Groulx et travaille à la ferme les soirs et les fins de semaine. Ainsi, ils reçoivent chaque année des stagiaires sur leur ferme afin de les encourager à faire comme lui et devenir propriétaires d’une entreprise.

Aujourd’hui, la ferme HLF produit une variété impressionnante de fruits et de légumes biologiques, elle fait de la transformation de produits et vend aussi des plants pour des jardineries de la région.

Pourquoi manger des produits locaux ? 

Pour une meilleure qualité et plus de fraîcheur
 
Parce que les produits locaux n’ont pas subi de long trajet de transport
 
Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, si les consommateurs achetaient chacun pour 30 $ de plus en produits québécois par année, ils injecteraient, en 5 ans, un milliard de dollars de plus dans 
l’économie locale.