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Réforme en santé: des syndicats déplorent que les patients n'ont pas de meilleurs soins

Des syndicats déplorent que les patients n’aient toujours pas de meilleurs soins

La réforme de la santé, implantée il y a près d’un an, visait à réduire la taille du réseau et à offrir une meilleure qualité des services offerts aux patients. Or, des syndicats déplorent que les patients ne voient toujours pas la couleur de ces améliorations.
Photo d’archives La réforme de la santé, implantée il y a près d’un an, visait à réduire la taille du réseau et à offrir une meilleure qualité des services offerts aux patients. Or, des syndicats déplorent que les patients ne voient toujours pas la couleur de ces améliorations.

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Un an après l’entrée en vigueur de la réforme «bulldozer» dans le réseau de la santé, des syndicats déplorent que les patients n’aient toujours pas de meilleurs soins et dénoncent les problèmes d’organisation.

«On a jeté la maison par terre, mais le plan de reconstruction n’était pas clair, illustre Guy Laurion, vice-président du syndicat de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN. Le climat est très lourd, il n’y a pas d’amélioration.»

Économies de 220 M$

Le 1er avril 2015, la réforme du ministre Gaétan Barrette abolissait toutes les Agences de la santé et les CSSS, qui ont été remplacées par 34 Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

«Ce sera plutôt un CISSS, une autorité, une responsabilité, un objectif, à savoir la satisfaction du patient, avait dit le ministre Barrette au Journal. À la limite, une obsession, celle de la qualité des services offerts aux patients, et ce, sans obstacle.»

La réforme doit permettre des économies de 220 millions $ par an. «Nous allons atteindre cet objectif», assure le cabinet du ministre Dr Barrette. Une perception que ne partagent pas les syndicats.

«Rien n’a changé. On est extrêmement sceptiques quant à l’atteinte des objectifs», répond M. Laurion.

Coupes de services

«On désinvestit! Le budget du gouvernement ne couvre pas les coûts du système, réagit Sonia Éthier, première vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Inévitablement, ce sont des coupes de services. La population a de moins en moins accès aux services de santé primordiaux.»

Comme le but de la réforme était de réduire la taille du réseau, 1300 postes de gestionnaires seront abolis d’ici 2018. Déjà, 1140 cadres sont partis.

«C’est difficile d’organiser le travail, la proximité n’est plus présente, dit Mme Éthier. Les travailleurs qui ont des problèmes d’organisation n’ont personne à qui s’adresser.»

Du côté de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), on doute même que la baisse des cadres se maintienne.

«Les structures sont tellement gros­ses, ils vont devoir réembaucher. Le taux d’encadrement ne diminuera pas», pense le porte-parole Francis Boucher.

Des syndicats pensent d’ailleurs que le chiffre officiel du nombre de cadres n’est pas représentatif de la réalité.

«On voit déjà apparaître de nouveaux titres, ajoute M. Laurion. La baisse n’est pas nécessairement réelle.»

Au cabinet du ministre, on assure que la réforme est sur la bonne voie.

«La première étape devait être la réorganisation du réseau. Des effets positifs de cette réorganisation sont d’ailleurs déjà vécus dans le réseau, notamment avec de meilleurs corridors de services», dit-on.

100 M$ de primes ?

Jusqu’ici, le MSSS estime avoir déboursé 39 M$ en indemnités de départs pour les cadres. Ils avaient droit à une indemnité de jusqu’à un an de salaire. Or, selon l’Association des gestionnaires en santé et services sociaux (AGESSS), la facture totale des indemnités de départ atteindra plutôt les 100 M$.

«Selon nos calculs, on est convaincus que ça va atteindre ce chiffre, croit Yves Bolduc, le président-directeur général.»

En 2014-2015, les cadres ont reçu 43 millions $ en primes (rétention, disponibilité, région éloignée). Il s’agit d’une diminution de 14 % sur cinq ans. Aucun boni à la performance n’a été payé.