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Comment Panarin a échappé au Canadien

Marc Bergevin avait bon espoir de l’amener à Montréal

Artemi Panarin
Photo courtoisie Artemi Panarin

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Marc Bergevin rage chaque fois qu’il est témoin des prouesses d’Artemi Panarin, le jeune prodige des Blackhawks de Chicago. Car, à pareille date l’an dernier, il avait bon espoir de mettre le grappin sur le joueur russe de 24 ans.

Son adjoint Scott Mellanby suivait Panarin depuis l’automne précédent. Le joueur de petite taille faisait un tabac avec le SKA de Saint-Pétersbourg, de la Ligue continentale de Russie, équipe avec laquelle sa carrière a pris son envol.

Avant de se retrouver à Saint-Pétersbourg en 2013, Panarin n’avait rien cassé avec le Vityaz de Chekhov et le Ak Bars de Kazan.

Aucune équipe de la Ligue nationale ne lui avait témoigné de l’intérêt à l’année d’admissibilité de son repêchage (2009).

Premier dans la course

Panarin est un petit format.

Faisant cinq pieds 11 pouces, il pèse 170 livres. On peut penser qu’il en faisait à peine 150 à 18 ans.

Tout a commencé à cliquer quand il s’est retrouvé à Saint-Pétersbourg, là même où évolue Ilya Kolvachuk depuis trois ans.

«Je pense qu’on a été la première équipe de la Ligue nationale à le suivre de près, raconte Bergevin.

«Je pense qu’on a été la première équipe de la Ligue nationale à le suivre de près» – Marc Bergevin

«On ne l’a pas lâché d’une semelle. C’est la méthode à suivre avec des joueurs autonomes jouant dans d’autres ligues. Il faut leur porter une attention continuelle et maintenir un contact régulier avec leur entourage. Mellanby s’entretenait régulièrement avec l’agent de Panarin.»

Cet homme a pour nom Thomas Lynn. Il a occupé le poste d’adjoint au directeur général du Wild du Minnesota, sous le règne de Doug Risebrough, avant de devenir représentant de joueur.

Deux pour un

Panarin venait en combo. Pour l’obtenir, il fallait aussi embaucher son coéquipier Viktor Tikhonov, petit-fils de l’ancien entraîneur de l’équipe nationale de l’Union soviétique. Tikhonov avait déjà goûté à la LNH avec les Coyotes de Phoenix, qui l’avaient repêché au 28e rang en 2008.

«Lynn offrait les deux joueurs, mais on était flexibles là-dessus, continue Bergevin.

«Ça ne me dérangeait pas d’avoir les deux si c’était la condition pour s’assurer des services de Panarin. C’est ce que les Blackhawks ont d’ailleurs fait.»

Markov à contribution

Question de mettre toutes les chances possibles en faveur du Canadien, Bergevin a demandé à Andrei Markov et à Sergei Gonchar d’appeler Panarin afin de lui parler de l’équipe et de Montréal.

Sans dire que c’était gagné, la situation évoluait bien.

Le clan Panarin se montrait réceptif.

«Les séries battaient leur plein dans la KHL, indique Bergevin.

«En finale de l’Ouest, l’équipe de Panarin a perdu les trois premiers matchs contre le Club de l’Armée rouge.

«On s’était entendu pour que Panarin vienne visiter Montréal si sa saison prenait fin avec cette série. Son équipe a remporté une première victoire, une deuxième, puis une troisième pour finalement l’emporter.»

Panarin et les siens ont poursuivi leur chemin jusqu’à la coupe Gagarin en défaisant la formation de Kazan en cinq matchs lors de la finale.

Offre maximale

La dernière rencontre a eu lieu le 19 avril, soit 11 jours avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes faisant carrière en Europe.

Bergevin était sur les dents.

«Plus le temps avançait, plus il y avait d’équipes sur les rangs, reprend-il.

«Je suis enragé chaque fois que je le vois jouer parce qu’on a tout fait pour l’embaucher!» – Marc Bergevin

«Je pense qu’on était une douzaine à la fin. Lynn m’a appelé pour me dire que son client ne joindrait pas notre organisation, mais sans identifier l’équipe avec laquelle il en était venu à un accord.

«Je lui ai demandé si c’était une question d’argent. Il m’a répondu que Panarin avait accepté une offre légèrement inférieure à la nôtre.»

Panarin a signé un contrat de deux ans d’une valeur globale de 6,775 M $ avec bonis.

«Il y a toujours un jeu dans les négociations, mais j’aurais poussé au maximum en ligne, confie Bergevin.

«Toutes les équipes qui lui couraient après étaient prêtes à en faire autant.»

Tikhonov n’a pas fait long feu à Chicago. Il est retourné en Arizona en décembre par la voie du ballottage.

Enragé

Quant à Panarin, il est le favori au titre de recrue par excellence et il fera ses débuts dans les séries de la Coupe Stanley, ce soir, à Saint Louis.

Ça aurait pu être à Montréal.

«S’il avait fallu que son équipe s’incline en quatre matchs en finale d’association l’an dernier, je crois que nos chances de le mettre sous contrat auraient été bonnes», estime Bergevin.

Si la décision de Panarin était compréhensible, Bergevin a pour sa part éprouvé une grosse déception.

«Je suis enragé chaque fois que je le vois jouer parce qu’on a tout fait pour l’embaucher!» termine-t-il.

Avec Pacioretty, Galchenyuk, Gallagher et Panarin aux quatre premiers postes d’attaquants, on aurait commencé à parler.