/sports/hockey/canadien
Navigation

Des Glorieux sceptiques

Savard, Carbonneau et Cournoyer commentent le bilan du CH

Coup d'oeil sur cet article

Le bilan de Marc Bergevin a suscité diverses réactions chez les anciens joueurs du Canadien. Le Journal de Montréal a contacté Serge Savard, Yvan Cournoyer et Guy Carbonneau, trois valeureux capitaines qui ont maintes fois remporté la coupe Stanley.

Savard, qui a agi comme directeur général de l’équipe de 1983 à 1995, compare la rencontre de presse de Bergevin à une assemblée annuelle des actionnaires d’une grande compagnie.

«Les actionnaires sont les partisans du CH et ils ont le droit de savoir pourquoi ce fut une mauvaise année financière, a commencé par dire Savard. Par exemple, si le tirage des journaux de Québecor était à la baisse, il y a fort à parier que des changements seraient envisagés.

«Il faut croire que tout est correct chez le Canadien puisque tout le monde a été reconfirmé à son poste, même si l’évaluation finale n’a pas encore été faite», a poursuivi Savard.

«Le propriétaire a mentionné que son directeur général est l’un des meilleurs de la LNH et le directeur général a dit que ce n’est pas la faute de l’entraîneur-chef.

«Enfin, on affirme qu’il n’y a pas de dissension dans le vestiaire. Alors, on doit conclure que tout est beau et je leur accorde le bénéfice du doute.»

Trop d’emphase sur Price

Savard n’aime cependant pas entendre dire que le retour de Carey Price réglera la situation pour le Canadien.

«Si on croit que c’est uniquement en raison de l’absence de Price que l’équipe a connu une saison aussi difficile, on a un maudit problème.

«A-t-on oublié que l’attaque n’a marqué que cinq buts lors des quatre revers encaissés contre le Lightning en deuxième ronde le printemps dernier?» a lancé Savard, qui souligne le fait qu’Alex Galchenyuk soit parvenu à marquer 30 buts cette saison malgré un temps de jeu limité.

En quête d’un bon deuxième trio

Carbonneau pense lui aussi que le retour de Price à l’automne ne résoudra pas tous les ennuis du Canadien.

«Si on pense que ça arrangera tout, je ne connais rien au hockey, a-t-il dit. Le Canadien mise maintenant sur un bon premier trio, mais si Michel Therrien n’est pas en mesure d’avoir une seconde ligne d’attaque efficace, Galchenyuk, Pacioretty et Gallagher se feront menotter par leurs adversaires.»

Carbo approuve le vote de confiance qui a été accordé à Therrien «parce que Bergevin n’a pas réussi à améliorer l’équipe. Il aurait été injuste que Michel paie le prix. Je trouve ça bizarre, par contre, qu’on choisisse de procéder à l’évaluation après avoir confirmé tout le monde à son poste...»

On peut d’ailleurs se demander si Bergevin n’aurait pas avantage à mieux s’entourer, à avoir une couple d’anciens joueurs du CH à ses côtés.

«Ça fait quelques années que l’attaque massive ne fonctionne pas, a souligné Carbonneau. Ce n’est pas normal. Et ça fait quatre ans que le club-école ne participe pas aux séries.

«Il est important de développer une culture gagnante au sein de l’organisation. Les Canadiens de Sherbrooke n’avaient-ils pas remporté la coupe Calder un an avant notre conquête de la coupe Stanley en 1986?»

Impossible de dévoiler les plans

Le mot de la fin revient à Yvan Cournoyer, qui a qualifié la dernière saison du Canadien de «l’une des plus plates à suivre depuis plusieurs années».

«Je ne m’attendais pas à autre chose de ce bilan de fin de saison, a commenté Cournoyer. La campagne vient à peine de se terminer et Marc Bergevin ne pouvait pas promettre des changements juste pour faire plaisir aux partisans. Il est préférable qu’il leur réserve une belle surprise dans les prochains mois.»