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Non-intervention à Montréal-Nord: Profond désaccord entre le chef et ses policiers

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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La Fraternité des policiers a dénoncé haut et fort hier que ses membres auraient reçu l’ordre de «rester les bras croisés» devant le grabuge à Montréal-Nord. Ce que nie catégoriquement le chef de police.

«Par crainte d’attiser les tensions, nos membres ont souvent l’ordre de ne pas intervenir, peut-on lire dans une lettre du président de la Fraternité, Yves Francoeur, adressée au maire Denis Coderre. La sous-intervention répétée mine le sentiment de sécurité de la population, tout en lançant le mauvais message aux criminels, qui se sentent couverts d’impunité.»

Jeudi dernier, un poste de quartier de Montréal-Nord a été saccagé, des voitures incendiées, et des commerces du secteur ont été vandalisés à l’issue d’une manifestation «contre la brutalité policière». Aucun des casseurs n’a été arrêté sur les lieux. L’enquête est toujours en cours afin de les retracer.

Zone de non-droit?

«L’état-major a ordonné à nos membres de ne pas intervenir [pendant le grabuge]. Les policiers et policières n’ont pas du tout apprécié de recevoir l’ordre de rester les bras croisés», continue M. Francoeur.

Tandis que ce dernier estime que cette façon de faire pose un risque pour la sécurité des policiers à long terme en créant des zones de «non-droit», le chef Philippe Pichet rejette en bloc la lecture de la Fraternité.

«C’est irresponsable de véhiculer ce genre d’information, déplore M. Pichet. Ce n’est pas vrai que notre stratégie était de ne pas intervenir. Aucun ordre n’a été donné en ce sens. Ça n’a aucun sens. C’est inconcevable.»

La stratégie adoptée était plutôt d’être moins visibles pour ne pas provoquer et forcer la confrontation, explique le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), selon qui le nombre d’agents déployés était le même qu’à la normale.

La « bonne » stratégie

«Je ne dis pas que l’intervention était parfaite. Mais notre stratégie était bonne, a-t-il répété. Quant au fait qu’aucun des casseurs n’a été arrêté sur les lieux, il souligne qu’il n’est pas rare de procéder ainsi après une manifestation.

«Et s’il y avait eu des possibilités d’arrestation [pendant], on n’aurait pas empêché les policiers de procéder», dit-il.

De façon générale, les agents procèdent à des arrestations si elles ne remettent pas en cause la sécurité des policiers, précise le chef Pichet.