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Sept mois plus tard, Lise Thibault ne paie pas

La «Reine» réclame 200 000 $ à son ancienne représentante au Québec

Quebec
Photo d'archives L’ancienne lieutenant-gouverneure a été reconnue coupable en septembre dernier d’avoir détourné près de 650 000 $ de fonds publics.

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L’ancienne lieutenante-gouverneure n’a toujours pas remboursé l’argent qu’elle doit aux Canadiens et aux Québécois.

Lise Thibault avait pourtant jusqu’au 23 mars pour rembourser 200 000 $ à Ottawa et 100 000 $ au gouvernement provincial.

Trois semaines après cette date butoir, la «Reine» réclame son dû à son ancienne représentante.

Pour se faire rembourser, le gouvernement fédéral a enregistré une hypothèque légale sur la propriété de Lise Thibault sur le Chemin des Buttes à Saint-Hippolyte, dans les Laurentides.

De son côté, Québec n’a toujours pris aucun recours contre l’ancienne lieutenante-gouverneure.

18 mois de prison

Lise Thibault purge en ce moment une peine de 18 mois de prison pour fraude et abus de confiance envers les gouvernements du Canada et du Québec.

Elle a été reconnue coupable d’avoir détourné 411 247 $ d’argent public fédéral et 231 345 $ de fonds provinciaux sous son règne, de 1997 à 2007.

Lise Thibault a touché ces sommes en faisant des demandes pour des remboursements dans le cadre d’activités officielles, mais elle a plutôt utilisé l’argent à des fins personnelles et familiales, selon la cour.

Une autre partie des fonds a servi à financer le fonctionnement de son organisme de charité et à octroyer un salaire additionnel au chef de la sécurité lors d’activités sportives.

Voyages de golf et de pêche

Parmi les activités que les citoyens ont financées figurent la fête de sa fille, son 60e anniversaire, des visites à la cabane à sucre, des vacances et des voyages de golf et de pêche.

Lise Thibault refusait de fournir ses agendas à Patrimoine Canada, de sorte que le gouvernement était incapable de vérifier la validité de ses demandes de remboursement.

C’est une enquête du Journal qui avait révélé l’affaire au public en 2007.

Des enquêtes du Vérificateur général du Québec et du Vérificateur général du Canada ont suivi, puis une enquête conjointe de la GRC et de la Sûreté du Québec.

L’avocat de Lise Thibault avait tenté de faire avorter le procès en évoquant le vieux principe voulant que «the Queen can do no wrong», ou «la Reine ne peut mal agir».

L’ex-représentante de la reine n’a jamais exprimé de remords ou de regrets réels, avait noté la poursuite. Mme Thibault avait cependant tenté d’attirer la pitié et la compassion, notamment en parlant d’elle-même comme d’une «pauvre vieille» et de ses petits-enfants qui auront à vivre avec le souvenir d’une grand-mère qu’on «traite de voleuse».

Après avoir été reconnue coupable en septembre, l’ancienne lieutenante-gouverneure, 77 ans, avait porté sa sentence en appel pour éviter la prison. Mais la Cour d’appel a rejeté sa requête en février.

-Avec la collaboration de Pierre-Olivier Fortin, Journal de Québec