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«Ti-Guy» va trop loin

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Je comprends très bien l’exaspération des propriétaires de permis de taxi et des chauffeurs. L’inaction du gouvernement face aux pirates d’Uber légitime leur révolte.

Mais celle-ci n’autorise pas la désobéissance civile. Leur menace de retenir taxes et impôts dus au gouvernement si une loi n’est pas adoptée avant l’ajournement de la présente session en juin ne peut être endossée.

Le sens de l’État

Il est d’ailleurs très décevant que cet ultime moyen de pression illégal soit véhiculé par l’ex-ministre Guy Chevrette qui agit à titre de conseiller des gens de cette industrie.

M. Chevrette a été député de 1976 à 2002 et il a dirigé plusieurs des plus importants ministères du gouvernement du Québec. Nous aurions pu nous attendre à un sens de l’État plus élevé, même si taxes et impôts seront placés en fiducie jusqu’à un règlement du problème.

Dangereux précédent

Les gens du taxi ne sont pas les premiers à vivre une profonde frustration à la suite d’une décision gouvernementale, ou une inaction.

Il semble aussi compliqué de régler le cas Uber que ce le fut de choisir la couleur de la margarine sous Robert Bourassa.

Mais si les membres de tous les groupes qui croient être victimes d’une injustice retenaient leurs taxes et impôts pour exercer de la pression sur le gouvernement, ce serait l’anarchie. Ce n’est pas un hasard si les grandes organisations syndicales ou patronales qui ne font pas toujours dans la dentelle ne sont jamais allées jusque là.

Le 30 avril approche. À titre de simple citoyen, tentez l’expérience de retenir vos dus aux deux ministères du Revenu, sous prétexte que vous êtes insatisfait d’une décision quelconque. Vous constaterez que les pénalités sont lourdes et vous n’obtiendrez pas gain de cause.

Les gens du taxi créeraient un dangereux précédent en donnant suite à leur menace, qui pourrait être imitée par combien de groupes de pression?