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Un fraudeur montréalais bien en vue échappe à la faillite

Ses créanciers ont accepté une offre de 400 000 $ pour effacer sa dette de 25 M$

Selon l’avocat de créanciers Me Marc-André Blain, c’était à la demande de Hans Black lui-même que les médias ont été tenus à l’écart de l’assemblée des créanciers. Celui-ci n’a fait aucun commentaire à sa sortie de l’assemblée.
Photo chantal poirier Selon l’avocat de créanciers Me Marc-André Blain, c’était à la demande de Hans Black lui-même que les médias ont été tenus à l’écart de l’assemblée des créanciers. Celui-ci n’a fait aucun commentaire à sa sortie de l’assemblée.

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L’ex-financier montréalais bien en vue Hans Black, reconnu coupable de fraude aux États-Unis, a réussi à échapper à la faillite au Québec en offrant 400 000 $ à ses créanciers sur des dettes totales de 25 millions $.

«C’était ça ou on n’avait rien du tout», a commenté, dépité, Me Marc-André Blain, l’avocat qui représente des investisseurs dans la firme de Black, Interinvest, à la sortie de l’assemblée des créanciers hier matin.

Hans Black, 63 ans, a déclaré en août être insolvable après le dépôt d’une poursuite civile pour fraude contre lui aux États-Unis.

Selon un dossier de cour, il aurait mené jusqu’à la fin de 2013 un train de vie somptueux, «beau temps mauvais temps», utilisant les services d’un chauffeur privé à temps plein et voyageant au moins une fois par mois dans des hôtels 5 étoiles en Europe et aux États-Unis.

«Il y a un investisseur qui perd 10 millions à lui tout seul. Il va recevoir un chèque de 160 000 $ et c’est tout», a déploré Me Blain.

L’avocat de Black, Me Neil Stein, a fait obstruction à notre photographe pour qu’elle ne prenne pas de photos de Hans Black, utilisant même sa mallette pour taper contre son appareil.
Photo chantal poirier
L’avocat de Black, Me Neil Stein, a fait obstruction à notre photographe pour qu’elle ne prenne pas de photos de Hans Black, utilisant même sa mallette pour taper contre son appareil.

« Si c’était à refaire... »

Me Blain a dit toujours suspecter Black de cacher de l’argent à l’étranger. «On n’a pas été capables de le démontrer, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas le cas», a-t-il dit.

Selon lui, ses propres clients s’en tirent le mieux parce qu’ils ont mis des hypothèques sur des propriétés somptueuses de Black à Mont-Tremblant et à Westmount. «On va essayer de les vendre. Si c’était à refaire, ce dossier-là aurait dû être enquêté au criminel», a-t-il dit.

L’avocat de Black, Me Neil Stein, a demandé au syndic de faire exclure le journaliste du Bureau d’enquête de la salle du Bureau du surintendant des faillites où se tenait l’assemblée. Il a ensuite tout fait pour empêcher notre photographe de prendre des images de son client, à la sortie de la salle.

« Bon ami de Couillard »

Jusqu’au printemps 2015, Hans Black frayait avec le gratin financier montréalais. Il siégeait même au conseil d’administration de l’Orchestre symphonique de Montréal.

L’ex-ministre libéral des Finances Yves Séguin a déjà travaillé pour lui et l’actuel premier ministre Philippe Couillard a présidé le conseil d’administration de la compagnie Amorfix Life Sciences de 2010 à 2012 après y avoir été invité par Black. Celui-ci a d’ailleurs déjà décrit en entrevue M. Couillard comme «un bon ami».

Les Américains ont engagé une procédure civile pour fraude en mars 2015 impliquant notamment la vente d’actions d’Amorfix et un conflit d’intérêts de Black avec cette entreprise. Il a été reconnu coupable par défaut en décembre.

Selon le procureur américain Eric Forcier, la procédure avec ses créanciers ne libère pas Black des amendes de 706 000 $ US auxquelles il a été condamné aux États-Unis.

 

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