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Mosaïque politique

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Photo Agence QMI, Simon Clark

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D’un sondage à l’autre, le même constat s’impose: les libéraux de Philippe Couillard restent en tête dans les intentions de vote.

Les plus récents coups de sonde, en particulier ceux de Léger et de CROP, indiquent sensiblement la même chose.

Que les appuis des libéraux, béatifiés par les allophones et les anglophones, ne souffrent pas des mauvaises nouvelles qui les accablent.

Après les interminables récriminations télévisées contre la soi-disant austérité et les frappes de l’UPAC, la marque libérale tient le coup aussi chez le quart des francophones... Et ça suffit pour gouverner.

Nathalie Normandeau

De l’arrestation spectaculaire de Nathalie Normandeau à la crucifixion expéditive de Sam Hamad, les nouvelles se télescopent et ne laissent pas dans leur sillage les effets qu’escomptent évidemment les partis d’opposition.

Les opérations de l’UPAC, l’Unité permanente anticorruption, en laissent d'ailleurs plusieurs perplexes, pas seulement au gouvernement.

Ceux qui offrent de la «preuve» aux médias ces temps-ci confient que l’UPAC n’a pas que des dossiers «béton» contre les inculpés, surtout contre Nathalie Normandeau. Elle n’a ni fortune ni des biens immobiliers considérables, pas même un tableau de valeur, ont découvert les Incorruptibles...

Son arrestation le jour du budget du Québec constituait un message percutant au gouvernement Couillard: l’UPAC s’en est-elle servie, au risque de ruiner sa carrière, pour imposer son agenda au gouvernement? On verra bien.

L’UPAC n’aurait qu’une preuve «circonstancielle» contre l’ex-ministre des Affaires municipales. On n'en fait souvent pas du «béton» pour des accusations criminelles...

L’UPAC s’énerve et demande à la SQ de faire enquête sur des fuites que plusieurs attribuent à l’UPAC elle-même... La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, prend la chose au sérieux.

Le gouvernement libéral a été déstabilisé, évidemment. Il le sera encore. Une dizaine d’enquêtes portent sur autant d’acteurs de la sphère politique, dont l’ex-directeur général du PLQ, Joël Gauthier.

Enfin bref, pour Philippe Couillard les mauvaises nouvelles n’ont pas fini de ressurgir du passé...

Reste à voir si les partis d’opposition tireront véritablement profit de ses déboires. Pour le moment, l’aiguille ne bouge pas beaucoup. Le PQ plafonne malgré la performance honorable de Pierre Karl Péladeau, mais c’est la CAQ de François Legault qui semble susciter l’intérêt des électeurs.

Philippe Couillard cherchera à reprendre l’initiative avant l’ajournement de juin. Sa députation n’a pas envie de passer l’été à traîner des soupçons de malveillance.

L’ère Charest

Mais l’opération est délicate: il doit se distancier du passé sans froisser les libéraux de l’époque Charest. Ils sont d’ailleurs nombreux autour de lui. Et ça grimace en masse ces temps-ci. Que M. Couillard ait accepté une vérification de la comptabilité du PLQ depuis 20 ans n’a pas fait l’unanimité.

En voulant clouer le bec à ses adversaires, il a semé la consternation chez les siens. Les libéraux ne veulent vraiment pas que l’enquête du Directeur général des élections sur le financement des partis politiques débouche sur une reprise de la Commission Charbonneau!

La motion de la CAQ, du PQ et de QS proposait en effet une «enquête assortie de tous les pouvoirs et moyens nécessaires concernant le financement des partis politiques au cours des années 1996 à 2011». Les libéraux ont refusé d’y consentir.

En privé, on raconte qu’ils sont désunis. Au conseil des ministres, les échanges sont même parfois discourtois. Le ministre Jacques Daoust serait particulièrement cassant avec ceux qui ne partagent pas son avis. Ce que Jean Charest n’aurait jamais toléré, se souvient-on.

Mais tout n’est pas perdu pour Philippe Couillard. Il sait que, tôt ou tard, PKP devra dire ce qu’il fait de son projet de pays...