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Orfèvre aux tonalités Jazz

La femme aux cartes postales
Jean-Paul Eid et Claude Paiement
La Pastèque
Photo courtoisie La femme aux cartes postales Jean-Paul Eid et Claude Paiement La Pastèque

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Le tandem derrière l’excellent diptyque de science-fiction Le naufragé de Mémoria nous revient avec un fabuleux roman graphique dont l’action se déroule dans le milieu jazz montréalais des années 50.

L’homme de théâtre Claude Paiement et Jean-Paul Eid, génial créateur du ventripotent héros du 450 Jérôme Bigras, ont mis près de 12 ans à livrer l’exceptionnel album La femme aux cartes postales publié ces jours-ci aux éditions La Pastèque. Terreau certes fécond, le Québec du milieu des années 50 – celui de Pax Plante, du jeune Jean Drapeau, de Claude Blanchard, Jean Guilda et Oscar Peterson – est pourtant peu visité sous la plume des artisans du neuvième art québécois. Qu’à cela ne tienne, Eid, un des plus grands artisans de la bande dessinée québécoise en reconstitue l’ambiance avec un admirable souci du détail.

Quête identitaire

Thème cher au duo, la quête identitaire d’un homme, qui apprend l’existence d’un frère jumeau dont la dépouille fut retrouvée dans les cendres du World Trade Center, le mène à l’univers des cabarets enfumés montréalais du milieu du siècle dernier, où se produisait sur scène sa mère. Le lecteur retrace la vie de cette dernière à travers moult cartes postales qu’elle s’adressait à elle-même. «À la sortie du Naufragé de Mémoria, nous avions envie d’explorer davantage une époque passée», explique Jean-Paul Eid. «Nous avons d’abord travaillé d’arrache-pied à la structure narrative du récit. De 2002, nous avons reculé dans le temps, ce qui nous mena au milieu des années 50, une période à l’aube de grands bouleversements sociétaux», renchérit Claude Paiement.

Le 4e et 7e art réuni

Ils se sont affranchis de la peur du sujet musical en bande dessinée – «un amour impossible», selon Eid – afin de nous offrir ce qui sera assurément l’un des albums phares de 2016. Les auteurs se sont adjoint les services de l’auteur-compositeur Thomas Hellman pour la création de la pièce musicale Two Little Birds, interprété magnifiquement par une Fanny Bloom inédite. L’album est bonifié d’un 45 tours dont le design de la pochette est signé par Pascal Blanchet. «Par le biais des thèmes abordés dans notre bande, nous souhaitions aller chercher les lecteurs extérieurs au médium de la bande dessinée», affirme Eid. Tout comme Paul de Michel Rabagliati et La Petite Patrie de Julie Rocheleau, La femme aux cartes postales aborde l’identité québécoise. Après L’Amérique ou le disparu du cocréateur de Red Ketchup Réal Godbout, c’est au tour de Jean-Paul Eid, aidé de son coscénariste, de s’affranchir d’un personnage iconique afin d’offrir son chef-d’œuvre en carrière.

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