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Une dose d’amour au quotidien

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Figure bien connue du grand public depuis 25 ans, Guylaine Tremblay passe rarement incognito quand elle sort de chez elle. En fait, partout où elle met les pieds, les gens la saluent avec enthousiasme. «On vous aime, Madame Tremblay!» «Vous êtes belle!» «Vous êtes tellement bonne dans Unité 9!» En entrevue au Journal, la comédienne avoue s’être habituée à «cette dose quotidienne d’amour». Elle s’y est tellement fait que récemment, au cours d’un voyage à l’étranger, elle s’est tournée vers son conjoint en disant : «Le monde est ben bête ici... Personne ne salue personne...»

C’est seulement après avoir compris qu’elle était en train d’expérimenter ce que tous les gens «ordinaires» vivent chaque jour que Guylaine Tremblay a éclaté de rire. «Mon chum m’a regardée en disant: “Le monde est toujours comme ça avec moi à Montréal! Ce n’est pas parce que les gens sont bêtes qu’ils ne t’envoient pas la main. C’est parce qu’ils ne te connaissent pas ici!” Ça m’a fait réaliser que ça fait tellement longtemps qu’on me sourit dans la rue que j’ai oublié comment c’était avant!» s’exclame la chouchoute des téléspectateurs.

Demain soir, Guylaine Tremblay recevra sans doute plusieurs autres marques d’affection du public québécois... mais sous forme de trophées. L’interprète de Marie Lamontagne dans Unité 9 fait effectivement partie des finalistes dans deux catégories au Gala Artis: Rôle féminin/téléroman et Personnalité féminine. La vedette court ainsi la chance de remporter ses 18e et 19e statuettes dorées au prestigieux rendez-vous.

Servir la cause

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 1984, Guylaine Tremblay a commencé sa carrière au théâtre avant de décrocher quelques rôles secondaires au petit écran (Le club des 100 watts, L’amour avec un grand A). C’est en 1993, en jouant Caro dans La petite vie qu’elle a vu sa cote de popularité monter en flèche.

«C’était fou, se rappelle la partenaire de jeu de Marc Labrèche, Claude Meunier et Serge Thériault. Notre vie a changé du jour au lendemain. On se faisait reconnaître partout.»

C’est à cette époque que Guylaine Tremblay a réalisé qu’elle pouvait mettre sa célébrité au service de bonnes causes.

 
«Ma plus grande responsabilité, c’est de rendre les gens heureux. Les artistes, on est des amuseurs publics. Il faut faire rêver les gens. Il faut les faire rire, les faire pleurer, les faire réfléchir.»

«Ça fait en quelque sorte partie de mon travail, dit-elle. On a tous quelque chose à donner. Chaque être humain peut être un agent de changement.»

Voilà pourquoi, depuis maintenant neuf ans, Guylaine Tremblay est la marraine de La Maison Bleue, un centre de périnatalité sociale qui accompagne les familles en difficulté pendant et après la grossesse. Et bien qu’elle refuse toute autre proposition d’être porte-parole, la comédienne soutient plusieurs autres organismes.

«Si Ève Landry ou Isabel Richer me demandent de participer à une soirée-bénéfice, je vais dire oui. L’entraide, la communauté, j’y crois beaucoup. La vie est très bonne pour moi. Je gagne la mienne en pratiquant un métier que j’aime, ce qui n’est pas donné à tout le monde. L’implication, c’est une façon de redonner. Pour moi, c’est important de faire ma part... pas seulement pour divertir les gens, mais pour les aider quand ils en ont besoin.»

Contact facile

Guylaine Tremblay dit avoir toujours été facile d’approche. Au secondaire, elle n’a jamais manqué d’amis. Et aujourd’hui, les gens n’hésitent pas à venir la voir quand elle fait ses courses aux Galeries d’Anjou.

«J’ai un contact facile avec le monde, révèle la détentrice d’un DEC en éducation spécialisée. C’est probablement la façon dont mon frère et moi avons été élevés. Nos parents sont des gens authentiques. Ils sont les mêmes avec tout le monde: ils sont fins avec le concierge... et ils étaient fins avec Céline Dion quand ils l’ont rencontrée à Las Vegas en février! Ils nous ont toujours enseigné le respect des autres. Ils nous ont toujours dit qu’il fallait s’intéresser aux autres. En tant que comédienne, ça m’aide beaucoup, parce que ma matière première, c’est les gens.»

Une notoriété facile à gérer

La notoriété n’a jamais été un fardeau pour Guylaine Tremblay. Alors que certains acteurs et chanteurs voudraient parfois retrouver l’anonymat, la lauréate de 7 prix Gémeaux, 1 Olivier, 1 Jutra et 1 Masque gère plutôt bien toute cette attention.

«J’ai toujours trouvé ça facile... parce que les gens sont d’une extrême gentillesse avec moi, remarque la comédienne de 55 ans. Ils sont très respectueux. C’est sûr qu’une fois tous les dix ans, tu rencontres un colon, mais il est colon avec tout le monde, alors qu’est-ce que tu veux faire? Autrement, c’est juste de l’amour.»

Bien qu’elle ait remporté 8 des 11 derniers prix Personnalité féminine au Gala Artis, Guylaine Tremblay refuse de considérer cette avalanche de trophées comme une pression d’être «un modèle à suivre».

«Si j’avais cultivé une image de perfection, ce serait terrible. Ça serait particulièrement lourd à porter. Mais je n’ai pas changé. Je suis simplement quelqu’un d’ordinaire qui exerce un métier hors de l’ordinaire. Je suis pareille partout. Quand j’allais reconduire mes enfants à l’école, l’hiver, je faisais souvent dur avec mon gros manteau par dessus mes pantalons de pyjama. Mais je ne me suis jamais dit: tu ne peux pas faire ça! Qu’est-ce que les gens vont penser? Ça ne m’a jamais dérangée. J’en m’en fous.

«Ma plus grande responsabilité, c’est de rendre les gens heureux. Les artistes, on est des amuseurs publics. Il faut faire rêver les gens. Il faut les faire rire, les faire pleurer, les faire réfléchir... Pour y arriver, je dois donner le meilleur de moi-même au travail, en m’assurant de composer des personnages authentiques. C’est ça, ma job.»

Guylaine Tremblay joue présentement dans Encore une fois, si vous permettez au Théâtre Jean-Duceppe à Montréal. Représentations jusqu’au 14 mai.

Qui peut arrêter Guylaine Tremblay?

Sur neuf nominations comme Personnalité féminine de l’année depuis 2005, Guylaine Tremblay a remporté l’honneur à huit reprises.
Photo d’archives
Sur neuf nominations comme Personnalité féminine de l’année depuis 2005, Guylaine Tremblay a remporté l’honneur à huit reprises.

Il va sans dire, Guylaine Tremblay possède une excellente moyenne au bâton au Gala Artis. Mise en nomination neuf fois comme Personnalité féminine de l’année depuis 2005, elle a raflé la palme à huit reprises. Seule Véronique Cloutier a réussi à freiner son élan en 2010. Les autres finalistes parviendront-elles à stopper sa domination cette année? Nous avons analysé les chances de chacune.

Sarah Jeanne Labrosse

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Certes, Sarah-Jeanne Labrosse ratisse large. Adorée du jeune public grâce aux séries Le chalet et L’appart du 5e, la comédienne de 24 ans s’est fait connaître des téléspectateurs adultes cette année grâce aux Pays d’en haut. Ses trois nominations au gala Artis témoignent du travail qu’elle a accompli au cours des 12 derniers mois. Mais ses chances d’être sacrée Artiste d’émission jeunesse sont beaucoup, beaucoup plus grandes que celles d’être nommée Personnalité féminine. Dans quelques années, peut-être.

Julie Le Breton

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Omniprésente au petit écran cet hiver (Les beaux malaises, Les Pays d’en haut), Julie Le Breton fait partie des actrices chouchoutes des téléspectateurs de TVA et Radio-Canada. Ce n’est toutefois pas cette année qu’elle réussira à détrôner Guylaine Tremblay, qui tient la vedette d’Unité 9, le feuilleton le plus regardé au Québec.

Sophie Lorain

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Sophie Lorain continue de livrer une excellente performance dans Au secours de Béatrice, une série qui, semaine après semaine, conserve sa place au sein du top 10 des émissions les plus regardées au Québec. Mais on voit mal comment elle pourrait créer la surprise en empêchant Guylaine Tremblay de remporter un 9e titre.

Julie Snyder

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Au cours des 12 derniers mois, Julie Snyder a tellement fait parler d’elle pour autre chose que son travail d’animatrice qu’on oublie presque qu’elle était aux commandes du Banquier cet automne. Mariage, séparation, santé, rumeurs en tous genres, crédits d’impôt, Gémeaux... La démone a certes connu une année en montagnes russes. Une seule constante: l’amour indéfectible du public. Les téléspectateurs la féliciteront-ils d’avoir réussi à traverser toutes ces épreuves en lui décernant le prix de la Personnalité féminine? Difficile à dire. Mais chose certaine, cette récompense tomberait à point et viendrait rappeler aux sceptiques combien elle est une bête de télé.