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Un otage canadien décapité par des islamistes aux Philippines

Robert Hall, 50 ans et John Ridsdel, 68 ans, à droite.
Capture d'écran Youtube Robert Hall, 50 ans et John Ridsdel, 68 ans, à droite.

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L'un des deux otages canadiens retenus aux Philippines depuis plus de six mois, John Ridsdel, a été décapité par des islamistes, lundi, par le groupe islamiste Abou Sayyaf.

Dans une vidéo apparue en ligne plus tôt ce mois-ci, les Canadiens Robert Hall et John Ridsdel avaient affirmé qu’un membre de leur groupe serait «décapité» si une rançon de 300 millions de pesos philippins (environ 8,4 millions $ CAN) n’était pas versée au groupe Abou Sayyaf d'ici le 25 avril.

Âgé de 68 ans, John Ridsdel a d'abord été journaliste à la CBC et au Calgary Herald dans les années 1980, selon un portrait de lui fait dans The National Post. Il est ensuite devenu porte-parole de Pétro-Canada, un emploi qui l'a fait voyager en Algérie, au Pakistan et en Chine, notamment. Ses fonctions au sein de la minière TVI l'ont conduit vers les Philippines.

Trudeau «outré»

Le premier ministre Justin Trudeau condamne la décapitation de John Ridsdel aux Philippines par le groupe islamiste Abou Sayyaf.

M. Trudeau s’est dit «outré» par l’annonce du décès de l’homme de 68 ans enlevé le 21 septembre dernier avec trois autres personnes, dont Robert Hall, 50 ans, un Norvégien de 56 ans, Kjartan Sekkinstad, et une Philippine de 40 ans, Teresita Flor.

«Le Canada condamne sans réserve la brutalité des ravisseurs et cette mort inutile. La responsabilité de ce meurtre commis de sang-froid revient entièrement au groupe terroriste qui a pris la victime en otage», a déclaré le premier ministre lundi à Kananaskis, en Alberta, où il se réunit avec son cabinet jusqu’à mardi.

Robert Hall, 50 ans et John Ridsdel, 68 ans, à droite.
photo Le Journal de Québec, Dominique Lahaye

«Le gouvernement du Canada est déterminé à travailler avec le gouvernement des Philippines et des partenaires internationaux pour trouver les auteurs de ces actes haineux et les traduire en justice», a-t-il ajouté.

M. Trudeau a offert ses condoléances à la famille et aux amis de la victime, mais a refusé de commenter davantage la situation, disant ne pas vouloir nuire aux «efforts en cours ou nuire à la sécurité des citoyens canadiens».

Pour le moment, M. Ridsdel serait la seule victime rapportée parmi les quatre otages qui se trouvaient dans une station balnéaire sur l’île de Samal, au sud des Philippines, lorsque des membres d’Abou Sayyaf, un groupe local qui a prêté allégeance au groupe armé État islamique, les a enlevés.

Les tortionnaires avaient menacé de le tuer si une rançon n’était pas versée.

«La menace du terrorisme reste bien réelle»

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a réagi au tragique événement dans un communiqué, y voyant un rappel que «la menace du terrorisme reste bien réelle».

«Nous devons être aux côtés de nos alliés, solidaires contre le terrorisme, qui reste le plus grand défi auquel le monde fait face aujourd’hui», a-t-elle dit.

«Les Canadiens espéraient que tous les innocents civils pris en otage seraient libérés en toute sécurité.  Nous continuons à espérer que cette situation va être réglée et que tous les otages vont retrouver leur famille, sains et saufs», a-t-elle soutenu.

Le ministère des Affaires mondiales du Canada appelle pour sa part les Canadiens qui se trouvent aux Philippines à faire preuve «d’une grande prudence». Sans émettre d’avertissement pour l’ensemble du pays, le ministère recommande d’éviter tout voyage dans la région de Mindanao, à l’exception des secteurs urbains de la ville de Davao, ainsi que pour l’archipel de Sulu et la portion méridionale de la mer de Sulu «en raison du risque important d’enlèvement et de la menace terroriste».

Le Canada savait pour la vidéo

Une porte-parole du ministère des Affaires mondiales avait affirmé que le gouvernement du Canada est au courant de l’existence de la vidéo, mais qu’il ne révélerait aucune information qui pourrait «compromettre les efforts en cours ou la sécurité de citoyens canadiens».

Dans une précédente vidéo, les ravisseurs avaient réclamé une rançon de 1 milliard de pesos philippins.

- Avec la collaboration de l'Agence QMI

 

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