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Des bémols à propos des supercliniques

Avant de prolonger les heures, il faut d’abord plus de médecins, selon le président de Bonjour-santé

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Les supercliniques auront beau prolonger leurs heures d’ouverture, s’il n’y a pas davantage de médecins, on ne fera que déplacer les problèmes d’accès aux consultations, estime le président de Bonjour-santé, Benoît Brunel.

«Le réseau des cliniques médicales est surchargé. Pour 160 demandes de rendez-vous, il y a en moyenne 100 places disponibles. On doit principalement augmenter l’offre. Ce sont des médecins qu’il faut. Le vrai débat est là et non sur des cliniques ouvertes sept jours sur sept, 12 heures par jour», opine M. Brunel.

Lorsque les gens ont besoin de consulter un médecin, ils veulent en premier lieu une place, puis, en deuxième, une plage horaire qui leur convient, souligne-t-il. «Si le médecin prend congé le lundi, parce qu’il a travaillé le dimanche jusqu’à 20 h, le patient ne gagne rien. En outre, les médecins risquent de se tourner les pouces, le samedi soir, alors qu’ils ne sont plus disponibles le mardi après-midi», illustre M. Brunel.

Fluctuations saisonnières

Les données recueillies par Bonjour-santé, à partir de sa plate-forme de prise de rendez-vous, montrent également des fluctuations importantes de la demande, selon la période de l’année.

«De juin à octobre, la demande est moins forte. Durant les mois d’été, les demandes de rendez-vous pour les semi-urgences peuvent tourner autour de 110 %, ce qui est proche de l’équilibre avec l’offre. Par contre, certaines semaines d’hiver, il n’est pas rare que la demande dépasse de 200 % le nombre de places disponibles dans les cliniques», observe M. Brunel.

Or, le ministre de la Santé ne semble pas avoir considéré ces courbes saisonnières, fait-il remarquer. M. Brunel croit par ailleurs que ce n’est pas une bonne idée de tenir des congrès médicaux en plein mois de mars, alors que la demande est forte.