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Une tempête dans un tea pot

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Lord John George Lambton of Durham est mort voici 176 ans et son plan pour assimiler les Canadiens français à la culture anglaise a été un échec monumental. Mais le fait que Montréal soit une ville francophone, reconnue comme telle, sans problème, dans le reste du monde, ne suffit pas à apaiser nos talibans de la langue.

Ces gens-là ne reconnaîtront jamais les remarquables progrès réalisés depuis les années 1960, surtout grâce à la loi 101 de 1977. Ils dépeignent plutôt le français comme un tuberculeux dans un fumoir: faible, vulnérable, condamné.

Ils voient l’anglais comme une maladie mortelle qui s’attrape par seul contact visuel, contre laquelle il n’existe aucun remède connu – et les Québécois comme des colonisés perpétuellement humiliés.

L’anglais contagieux

Ces militants parlent rarement de faire la promotion du français, ils préfèrent le «défendre». Améliorer la qualité du français ou de son enseignement les intéresse moins qu’inventer des lois et des règles qui imposent des interdits et des sanctions aux... autres.

Et le ridicule ne les effraie pas. Ils ont grimpé dans les rideaux à cause d’une affiche de promotion des fêtes du 375e de Montréal («Montréal gets moving/Montréal bouge.»)

Complot des « tinamis »

L’affiche est non seulement bilin­gue, mais l’anglais trône au-dessus du français et est écrit en lettres plus grasses! L’affaire s’est rendue à l’Assemblée nationale, étayée par le chapelet des dénonciations habituelles, des fédéraleux, des «tinamis» des libé­raux, etc. La totale, quoi, pour une affiche incitant des anglophones à venir ici dépenser leur budget de vacan­ces – affiche qui n’a aucun impact réel sur le statut ou la santé du français au Québec.

Il y a de bonnes raisons de critiquer ce slogan: il est moche, il ne suscite ni rêve ni émotion et son message n’est pas clair du tout.

Mais qui va se soucier de ces réalités, quand on peut s’offrir une tempête dans un tel verre d’eau?