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15 ans de pénitencier pour le caïd Piccirilli

Le caïd surnommé «Grizzly» avait été arrêté en 2006 pour trafic de drogue et possession d’armes prohibées

Sergio Piccirilli avait été trouvé coupable de 23 accusations liées aux stupéfiants et aux armes prohibées.
Photo Agence QMI, Martin Alarie Sergio Piccirilli avait été trouvé coupable de 23 accusations liées aux stupéfiants et aux armes prohibées.

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À la fois proche des Hells Angels et ennemi du clan Rizzuto, un acteur influent du crime organisé montréa­lais a écopé d’une peine exemplaire de 15 ans d’incarcération, lundi.

Sergio Piccirilli a pris la direction du pénitencier à un mois du dixième anniversaire de son arrestation­­ pour trafic de stupéfiants et importation de substances destinées à la fabrication de méthamphétamine.

La GRC l’avait également épinglé en possession d’armes prohibées, dont une carabine semi-automatique­­ et des silencieux.

L’homme de 56 ans – un ami de longue date du chef des Hells Angels Salvatore Cazzetta – avait été trouvé coupable de 23 chefs d’accusation, en janvier, au terme d’un deuxième procès.

Armé pour la guérilla

La juge Marie-Suzanne Lauzon a coupé la poire en deux, lundi, en prononçant une sentence se situant à mi-chemin entre les 18 ans réclamés par la Couronne et les 12 suggérés par la défense.

Surnommé «Grizzly», il figurait parmi les 36 suspects appréhendés dans le cadre du projet d’enquête Cléopâtre, qui visait un réseau de trafiquants de drogue actif­­ à Laval et dans la réserve amérindienne de Kanesatake, en juin 2006.

Piccirilli était alors «armé pour la guérilla» et «négociait d’égal à égal avec les autres patrons du crime organisé», selon Me Dominique Dudemaine, procureur de la poursuite.

Les policiers fédéraux avaient aussi écroué sa maîtresse de l’époque, Sharon Simon, surnommée «la reine de Kanesatake». Elle avait écopé de 50 mois de pénitencier dans cette affaire.

Deux ex-policiers recyclés dans l’exportation de cannabis aux États-Unis, Carl Thomas et Daniel­­ Pépin, avaient aussi été condamnés à 66 mois d’incarcération dans le même dossier.

En appel

Piccirilli avait retrouvé sa liberté en décembre 2008, quand un juge a ordonné l’arrêt des procédures dans sa cause. Mais la Cour d’appel a ordonné la tenue d’un nouveau procès, une décision que la défense a vainement contestée jusqu’en Cour suprême en 2014.

En soustrayant la période de détention provisoire qu’il a déjà purgée, il lui reste maintenant neuf ans et neuf mois à écouler sur sa peine.

Piccirilli semblait déçu dans le box des accusés. Son avocat, Me Patrice Duliot, a rappelé qu’il avait déjà porté les verdicts de culpabilité en appel.

Contrat sur sa tête

Avant son arrestation, le trafiquant et membre fondateur des Devils Ghosts – le club-école des Hells Angels – s’était rangé dans un camp rival du clan Rizzuto­­, lors d’un conflit entourant le vol d’une cargaison de plusieurs millions de dollars de marijuana.

Selon l’enquête Colisée, Piccirilli était même entré avec une arme au club Consenza, le quartier général de la mafia montréalaise à l’époque.

En janvier dernier, les policiers du SPVM lui ont rappelé que sa tête était toujours mise à prix par des factions mafieuses.

Le caïd, qui travaillait alors comme remorqueur, s’était d’ailleurs plaint devant la juge Lauzon que des policiers en civil le suivaient partout.