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Fort McMurray brûle: 80 000 personnes évacuées

Des quartiers entiers de la ville ont été rasés au cours de la nuit

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Un feu de forêt «démesuré» de près de 3000 hectares et incontrôlable a forcé les 80 000 habitants de Fort McMurray en Alberta à quitter leur domicile dans la panique mardi soir.

 

«Je suis entouré de fumée, on ne voit même pas le ciel, a raconté hier soir Pascal Pinault, un Montréalais qui a un pied-à-terre dans la ville pétrolière, située à plus de 400 km au nord d’Edmonton. Il neige de la cendre et les gens sont très nerveux ici.»

Hôpital fermé, maisons incendiées et routes difficilement praticables ont forcé les autorités à évacuer la ville entière, en soirée, allant jusqu’à cogner aux portes des résidents.

Mercredi matin, la situation ne s'était pas calmée.

«Les gens emballent leurs affaires, sortent leurs voitures de collection et veulent partir au plus vite, mais ça risque d’être difficile parce qu’il y a une seule route et c’est un parking», a illustré M. Pinault.

La maison et la roulotte de deux collègues de travail québécois auraient aussi été incendiées, a soutenu le camionneur, installé à Fort McMurray depuis novembre.

Bouchons de circulation, fumée dense, hôpital fermé et plusieurs maisons incendiées: telle était le bilan de la situation tôt mercredi matin alors que les résidents et les autorités poursuivaient le processus d’évacuation.

Vers 4 h mercredi matin (heure locale), la municipalité régionale de Wood Buffalo a indiqué que 80 % des maisons ont été détruites dans le quartier Beacon Hill. Des «pertes sérieuses» ont aussi été répertoriées à Abasand, surtout au sud, et à Waterways. Quelques résidences ont été ravagées dans les secteurs Grayling Terrace, Downtown, Thickwood et Dickinsfield tout comme une douzaine de maisons mobiles à Timberlea.

Aucune résidence n’a été touchée à Gregoire et Saline Creek, selon ce bilan provisoire.

Des commerces ont également brûlé, comme cet hôtel Super 8.



La Croix-Rouge, des compagnies privées, le gouvernement fédéral et d’autres municipalités ont offert leur aide aux citoyens. Entre autres, la Ville d’Edmonton prévoyait accueillir au moins 18 000 évacués, a rapporté le Edmonton Journal.

Les centres d’urgence Anzac et du Lac La Biche devaient également prendre en charge une partie des résidents. Des citoyens ont également pu trouver refuge dans des hôtels de la région et des camps de compagnies pétrolières.
 

Le feu de forêt dont M. Pinault est témoin depuis lundi a doublé de taille, mardi en après-midi, et il a dû quitter rapidement la chambre qu’il loue pour se mettre à l’abri.

«Je dois tout emballer et je m’en vais à mon camion. Je dois raccrocher», a-t-il signifié au téléphone avec Le Journal, vers 20 h, heure du Québec (18 h locales).

Conditions extrêmes

L'incendie n'a pas affecté à ce stade les sites d'extraction de la région, a précisé la première ministre de la province, Rachel Notley.

« Je suis entouré de fumée, on ne voit même pas le ciel. Il neige de la cendre et les gens sont très nerveux ici. » – Pascal Pineault, un Montréalais à Fort McMurray

«Il s'agit de la plus grosse évacuation liée à un incendie dans l'histoire de notre province», a-t-elle souligné.

L’état d’urgence avait déjà dû être décrété lundi dans une partie de la ville en raison de la fumée qui incommodait des résidents, a indiqué le gouvernement de l’Alberta. Les autorités s’attendaient d’ailleurs à une journée difficile.

«Nous faisons face à des conditions extrêmes», avait de son côté expliqué Darby Allen, chef des pompiers de la municipalité de Wood Buffalo, lors d’un point de presse, en matinée.

L’Ouest canadien est aux prises depuis plusieurs semaines avec des feux de forêt se produisant beaucoup trop tôt dans la saison en raison d’un temps très chaud et sec. Ces conditions doivent d’ailleurs se poursuivre toute la semaine.

– Avec l’Agence QMI

 

L’évacuation crée un bouchon monstre

Des citoyens forcés de quitter d’urgence leur résidence ont été dirigés hier dans un camp de travailleurs à 20 km de Fort McMurray, ce qui a créé un énorme bouchon de circulation.

«Les gens de la ville n’ont plus d’endroits où rester, alors ils ont demandé à nous, les travailleurs de leur laisser la place», a expliqué un des employés du camp, Félix-Antoine Des Lauriers, joint par Le Journal en soirée.

Ce plan semble avoir été mis en place à la dernière minute, car les travailleurs n’ont pas eu le temps de quitter les lieux avant l’arrivée des gens évacués, a raconté M. Des Lauriers.

Les employés ont donc été pris au piège hier en fin de journée. En effet, pour pouvoir sortir du camp, il faut emprunter une route «de terre», trop petite pour deux voitures de largeur.

Cette situation a alors créé un bouchon de circulation à l’entrée et à la sortie de la route.

«Le camp s’est rempli plus vite que prévu et les autorités ont renvoyé les gens ailleurs, a indiqué Pascal Pinault, un camionneur québécois. Il y a eu un mouvement de véhicules et une panique s’est créée.»

Réseaux sociaux

Si certains ont été amenés à l’abri dans ce camp à 20 km de Fort McMurray, d’autres ont pris l’initiative de trouver un endroit sécuritaire.

D’ailleurs les réseaux sociaux ont été d’une très grande aide, selon des citoyens. Une page Facebook a été créée afin de proposer de l’hébergement aux gens évacués.

Sur Twitter, ceux qui étaient trop loin pour venir en aide aux sinistrés ont tenu à apporter leur soutien en publiant les mots-clic #prayforrain (priez pour de la pluie) et #prayforMac (priez pour Mac).

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a aussi utilisé les réseaux sociaux pour s’adresser aux gens évacués et offrir son soutien.

«Je pense aux personnes qui sont touchées par l’incendie à Fort McMurray [mardi] soir. Soyez prudents et suivez les ordres d’évacuation», a-t-il indiqué sur son compte Twitter.

 

En bref

  • 80 000 habitants
  • Tous les résidents évacués
  • 2650 hectares en proie aux flammes*
  • 9 avions-citernes déployés
  • 12 hélicoptères déployés
  • Plus de 150 agents de la GRC sur le terrain
  • 32 ºC atteints hier soir

*Selon les derniers chiffres disponibles en fin de soirée hier