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Ballou Jean-Yves Tabla garde la tête froide malgré l'intérêt de clubs anglais

Impact pratique
Photo Pierre-Paul Poulin

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Il y a deux semaines, on apprenait que Ballou Jean-Yves Tabla avait attiré l’attention de grands clubs anglais comme Manchester City, Chelsea et Arsenal, mais n’allez pas croire que le jeune homme de 17 ans a pris la grosse tête.

«C’est gros qu’ils aient de l’intérêt, admet-il. Je suis content, mais je suis resté concentré sur ma tâche.

«Il ne faut pas que je me dise que je suis arrivé parce qu’il y a des clubs qui viennent me voir.»

Pour l’heure, l’ailier poursuit son développement avec le FC Montréal, qui évolue dans la USL Pro.

C’est lors d’un passage en Angleterre avec la formation U 20 canadienne que Tabla s’est fait remarquer. Le Canada a surpris les Anglais 2 à 1 et Tabla a préparé le premier but inscrit par Kadin Chung. C’est ensuite que le téléphone de son agent a sonné.

Pas surpris

L’organisation de l’Impact n’est pas étonnée que son protégé attire l’attention outre-mer.

«Ce n’est pas une surprise parce qu’on le sait depuis un petit bout. C’est un potentiel intéressant par rapport à son jeune âge», a reconnu son entraîneur Philippe Eullaffroy.

Celui qui veille au bon développement des espoirs de l’Impact souligne le côté très terre-à-terre de Tabla.

«Il se concentre vraiment sur sa progression et son évolution et il n’attache pas beaucoup d’importance au reste.

«C’est un peu paradoxal parce qu’on sent de l’excitation autour de lui alors qu’à l’interne, il vit de façon très paisible.»

Pas loin

S’il admet qu’il ne peut pas contrôler le destin de Tabla, Eullaffroy fait en sorte qu’il continue de se développer.

«On les forme pour qu’ils jouent avec la première équipe, mais il y a des paramètres qu’on ne maîtrise pas. Quelle que soit l’option choisie, elle sera bonne pour lui.»

Et malgré les 17 ans de Tabla, son entraîneur estime qu’il n’est pas si loin de la première équipe.

«Il n’est pas loin des grands garçons, mais pour passer cette étape, il faut qu’il soit plus dominant en USL et plus efficace dans le dernier tiers.

«Avoir un flash par match c’est bien, mais chez les pros ça ne suffit plus, il en faut cinq ou dix et c’est ce qui lui reste à passer comme étape.»

Une idole

Détail particulièrement important au sujet de Tabla, il est né à Abidjan, en Côté d’Ivoire, tout comme un certain Didier Drogba. Il n’est arrivé au Québec qu’à l’âge de huit ans.

Pas besoin de dire qu’il a réalisé un rêve en côtoyant son célèbre compatriote puisqu’il s’entraîne occasionnellement avec la première équipe.

«Didier est une idole que je suis depuis que j’ai quatre ans, c’est fou.

«La première fois que je me suis entraîné avec les pros et avec Didier, j’ai pleuré, j’en avais les larmes aux yeux.»

 

Un grand potentiel

Ballou Jean-Yves Tabla n’a que cinq matchs professionnels derrière la cravate, mais il n’est pas si loin que ça de l’échelon supérieur.

Son entraîneur chez le FC Montréal, Phillippe Eullaffroy, estime qu’il a un énorme potentiel.

«C’est une belle progression et il a un plafond élevé alors les standards sont élevés à son endroit.

«Tous les paramètres sont en place pour qu’il continue de progresser vite parce qu’il est très humble et s’autoévalue bien.»

Belle comparaison

Ballou n’a pas tardé à se faire remarquer puisqu’il a marqué à son premier match en USL Pro, le mois dernier.

«C’est un jeune qui a une capacité à déstabiliser l’adversaire très facilement, souligne Eullaffroy. C’est un mélange de créativité, d’intuition et d’inspiration, ce qui fait de lui un joueur qui peut faire la différence à tout moment.

«Même si sur un match il est moyen, sur une action de quatre ou cinq secondes, il peut faire pencher le match en ta faveur. C’est un joueur qui donne des émotions et c’est le genre de joueur qui ne passe pas souvent.»

Cette description vous fait-elle penser à un joueur de l’Impact?

«Dans ses qualités de déstabiliser et de faire la différence sur un geste, il ressemble un peu à Nacho

Bonne école

En s’entraînant avec la première équipe de l’Impact, Ballou a l’occasion de côtoyer Didier Drogba et il en profite au maximum.

«Drogba pourrait me conseiller, je suis un jeune joueur et il me manque des petits trucs pour que je sois un joueur complet.

«Je manque de finition, je dois être un tueur devant le but dès que j’ai le ballon. J’essaie de copier ce que fait Didier à l’entraînement.»

Quand il aura développé l’instinct de tueur, il aidera encore plus son équipe, qui a perdu ses cinq premiers matchs.

«Il nous manque la qualité technique dans les 20 derniers mètres, admet Eullaffroy. On n’a pas le tueur dans la boîte ou encore la dernière passe qui vient tuer le jeu. On n’est pas dominés.»