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Vague d’appuis pour les deux gais tabassés

Les amoureux sont touchés par les nombreux témoignages reçus depuis leur sortie dans Le Journal

Simon, 23 ans, et Sébastien (rose)
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Les homosexuels Sébastien et Simon ont moins peur depuis qu’ils ont vu tout l’appui populaire après la dénonciation de l’agression homophobe qu’ils ont subie.

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Le cri du cœur de deux homosexuels tabassés pour s’être embrassés en public à Montréal a touché des milliers de Québécois qui les félicitent d’avoir dénoncé publiquement leur agression.

«Le téléphone n’arrête pas de sonner», s’étonne Sébastien, qui tait son nom de famille pour éviter des représailles.

Hier, Le Journal rapportait que son amoureux Simon et lui ont reçu des coups de poing au visage, samedi dernier, après s’être embrassés dans la rue.

Ils se rendaient au bar Chez Françoise, dans le quartier Hochelaga, lorsqu’ils ont d’abord été insultés, puis frappés par ce qu’ils ont décrit comme «une meute de chiens enragés».

Pour Sébastien, qui a quitté la France pour le Québec afin de fuir l’homophobie, «tout ce soutien, est la meilleure chose qui pouvait arriver».

«Nous avons moins peur depuis que nous en avons parlé», renchérit à son tour Simon, âgé de 23 ans.

Même s’ils ont pu lire autant de commentaires homophobes que de soutien, les deux hommes estiment avoir brisé une barrière importante en dénonçant publiquement ce qu’ils ont vécu.

«Il ne faut pas se surprendre que l’homophobie existe encore en 2016. Une personne transgenre nous a écrit pour nous dire qu’elle a subi la même chose, dans le quartier gai en plus», s’offusque Simon.

Il faut dénoncer

Pour la directrice du Conseil québécois LGBT, Marie-Pier Boisvert, il faut dénoncer et porter plainte contre la violence homophobe.

«Quand ces actes sont enregistrés, ils deviennent des statistiques importantes pour nous lorsque vient le temps de s’adresser au gouvernement», dit-elle.

Elle reconnaît cependant que pour de nombreuses personnes gaies, lesbiennes ou transgenres, la peur de représailles peut être un frein.

«Même si les homosexuels ont des droits égaux devant la loi, il reste du travail à faire pour l’acceptation sociale», ajoute celle qui espère voir davantage de victimes sortir de l’ombre.

Même son de cloche pour la directrice générale de GRIS-Montréal, Marie Houzeau, dont l’organisme communautaire lutte pour l’acceptation des personnes homosexuelles.

«Leur agression a eu un effet d’électrochoc pour plusieurs, mais nous savons que ce n’est pas toujours évident de vivre son homosexualité au Québec», précise-t-elle.

Mme Houzeau ajoute que de telles agressions restent fréquentes dans la province.