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«L’islamophobie» justifierait le secret!

«L’islamophobie» justifierait le secret!

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Le journaliste Vincent Larouche de La Presse rapporte qu’une juge de la Cour du Québec a rejeté une demande d’ordonnance de non-publication émanant de deux accusés d’actes terroristes.

La demande se fondait sur un rapport d’expertise alléguant qu’en raison de l’ampleur qu’aurait prise «l’islamophobie» au Québec, il fallait empêcher le public de prendre connaissance de ces preuves présentées dans le cadre du procès.

Vincent Larouche rapporte que «Dans son rapport, la professeure souligne que l’image publique des musulmans s’est considérablement altérée depuis le 11 septembre 2001, notamment par l’effet du traitement médiatique des informations». Elle ajoute qu’il existe «une antipathie généralisée vis-à-vis des musulmans au Canada» et que «l’islamophobie s’est banalisée au Québec» dans la foulée des débats sur les accommodements raisonnables et la charte des valeurs. Le contexte s’apparente à ce que certains sociologues appellent une «hystérie politique».

Heureusement pour ceux qui croient que la liberté de presse et le droit au procès public sont des valeurs centrales d’une société démocratique, la requête a été rejetée par la juge,

L’incident est révélateur d’un mal plus profond: la croyance en certains milieux que le secret est un moyen de lutter contre les préjugés. 

Le procédé va comme suit: on évoque le «traitement médiatique» qui serait biaisé à l’encontre de ce qui nous tient à cœur et on postule qu’en raison de ce traitement médiatique présumé déficient, la censure est justifiée.

Avec un pareil raisonnement, il devient possible de justifier pratiquement n’importe quelle censure. 

L’imperfection des propos que l’on entend ou qu’on peut lire sur un sujet controversé procure forcément toujours de «bons» motifs pour s’inquiéter et censurer. 

Cela justifie non seulement de censurer les propos qu’on trouve détestables, mais également les informations qui «pourraient» avoir pour conséquence de susciter de tels propos.

Et s’engage alors la spirale de censure... Tout ce qui pourrait peut-être servir à inspirer les racistes, islamophobes et autres bigots devient suspect!

C’est comme ça que la liberté d’expression est à risque d’être rognée de toutes parts.

Heureusement, c’est un raisonnement contraire qui est imposé par les principes constitutionnels protégeant les libertés fondamentales: il faut établir qu’une limite imposée à une liberté (liberté d’expression ou liberté de religion) est justifiée.

À l’égard de la liberté d’expression, cela exige une démonstration des effets qu’un discours engendre. Ce type de démonstration est difficile à faire. Il faut établir que les effets sont significatifs et engendrent un péril démontrable.

Notre droit ne permet pas de postuler un lien causal entre des propos méprisables dans certains milieux et l’existence de courants que l’on trouve «islamophobes» puis d’invoquer cela pour justifier la censure.   

À plus forte raison, il n’est pas justifiable d’empêcher le public de prendre connaissance d’une preuve lors d’un procès public simplement en évoquant de vagues constats relatifs à l’islamophobie ambiante. 

D’autant plus qu’on constate souvent que pour certains, est «islamophobe» tout ce qui contredit leurs opinions.