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Le curieux cabinet des Stewart

Tabatière écossaise 19e siècle
photo courtoisie Musée Stewart Tabatière écossaise 19e siècle

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Le musée Stewart de Montréal dévoile le caractère insolite de son impressionnante collection avec Curiosités, une exposition qui amène le public dans l’univers déroutant des cabinets de curiosités.

Dans cette nouvelle exposition à saveur de mystère, les visiteurs devront tantôt ouvrir une porte, tantôt épier à travers le trou d’une serrure pour découvrir un objet aussi beau qu’inédit. Cornes à poudre finement ouvragées, inquiétantes gravures de monstres et énigmatiques serrures d’un autre âge apparaîtront sous leurs yeux.

«Les gens auront à fouiller un peu pour trouver les objets, confie avec sourire Jérôme Fortin, l’artiste visuel qui signe la mise en scène de l’exposition. Tout a été mis en place pour susciter l’intérêt du public, un peu comme le faisaient autrefois les cabinets de curiosités.»

Au 16e siècle, un cabinet de curiosités servait de lieu d’exposition à des objets hétéroclites. Ces ancêtres des musées résumaient le savoir humain de l’époque. Plusieurs collectionneurs cultivaient un goût certain pour l’étrange: une antiquité pouvait côtoyer des animaux exotiques empaillés et des ossements humains pour la plus grande fascination des visiteurs.

La très vaste collection du musée Stewart – 27 000 artefacts, cartes anciennes et livres rares qui s’étalent du 16e au 20e siècle – se prêtait bien à un exercice semblable. Son fondateur, l’héritier de la compagnie MacDonald Tobacco, David M. Stewart (1920-1984), et sa conjointe Liliane Spengler (1928-2014) ont parcouru le monde à la recherche de différents objets témoignant de l’influence européenne en Amérique du Nord. La présence de nombreux instruments comme des cadrans solaires et des télescopes témoignent d’ailleurs des avancées scientifiques qui ont précédé les grandes découvertes.

Cadran solaire
photo courtoisie Musée Stewart
Cadran solaire

Un univers derrière chaque porte

Le parcours de Curiosités dirige le public à une série de portes derrière lesquelles se cache un univers chargé d’histoires et de poésie. «Puisque je n’avais pas le droit de modifier les objets, je me suis amusé à les mettre hors contexte pour en faire ressortir la magie», explique l’artiste réputé pour ses œuvres s’inspirant des cabinets de curiosités. Dans une pièce, une série de globes terrestres anciens de diverses grosseurs sur fond bleu nuit évoquent notre système solaire, tandis qu’une autre salle consacrée aux objets miniatures met en relief le travail amoureux des artisans de jadis, à des années-lumière du «made in China» et de l’obsolescence programmée.

Les quelque 300 pièces de l’exposition ont été sélectionnées en raison de leur pouvoir évocateur.

«Nous avons des serrures énormes qui ressemblent à des visages humains, d’autres qui rappellent une forêt, cite en exemple Jérôme Fortin. Choisir les objets pour Curiosités a été un moment de pur bonheur. J’ai flâné plusieurs jours dans la réserve du musée tout en découvrant des objets étonnants.»


Curiosités, au Musée Stewart, Parc Jean-Drapeau.

Jusqu’au 12 mars 2017.