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Le problème du PQ

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Alors qu’il se cherche, encore une fois, un nouveau chef, le Parti québécois essaie de se persuader que la prochaine fois sera la bonne – que le peuple ingrat entendra raison cette fois, et votera OUI dans l’honneur et l’enthousiasme, dans un plébiscite prochain. Mais il s’illusionne. On le sait.

Il y a 8,3 millions citoyens au Québec. Mais à peine plus de 15 pour cent d’entre nous sont assez vieux pour se souvenir du Québec des années ’60, qui a donné naissance au Parti québécois – un parti inspirant, réformiste, et en colère.

J’y étais, alors voilà: dans ce temps-là, les immigrants passaient tous à l’anglais dès la petite école. Les francophones, et les juifs, n’étaient pas admis sur le parquet de la Bourse. À Shawinigan, Sherbrooke, Arvida, les belles rues ombragées avaient des noms anglais.

Montréal anglaise

À l’œil, Montréal était une ville anglophone partagée par des francophones – rien à voir avec «l’anglicisation» de Montréal que les nationalistes dénoncent de nos jours.

Dans le reste du Canada, les orangistes, héritiers des vieilles guerres d’Europe, menaient une lutte à finir contre les papistes francophones. Le premier ministre du Canada se demandait: «what does Québec want?»

Les Québécois – la génération fondatrice du PQ – ont répondu: ça va faire! Le Québec aux Québécois!

Un succès!

Et, devinez quoi? Ça a fonctionné!

Ne cherchez pas plus loin la source des problèmes du PQ aujourd’hui: il a réussi, dans une bonne mesure, à rectifier la situation – et la nation lui en est reconnaissante.

Mais c’est clair qu’il faut maintenant passer à une autre étape, dans la bataille pour la survivance.

Et c’est aussi clair que le PQ n’a pas idée de ce que cette prochaine étape devrait être, puisque tout son discours tourne autour de comment réaliser l’indépendance, une menace inventée pour régler les problèmes d’il y a 50 ans.

Cette obsolescence est le problème du PQ. Pas celui du Québec.