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Les plages nettoyées par des oiseaux de proie

oiseau de proie magog
Photo éliane thibault Au total, 25 buses et faucons différents travailleront une trentaine d’heures par semaine à Magog pour effaroucher les bernaches, les canards et les goélands. Sur la photo, Éra, une buse de 8 ans.

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MAGOG | Des buses et des faucons rendront des plages de l’Estrie plus propres et plus sécuritaires aux baigneurs en faisant peur aux canards et aux bernaches.

«L'objectif est de rendre le milieu le plus hostile et le plus désagréable possible à la présence d'oiseaux aquatiques qui sont nuisibles à la qualité de l'eau», explique le fauconnier Marc-André Fortin, qui arpentera les plages du lac Memphrémagog pour une troisième année.

L'année 2013 avait été catastrophique pour la ville touristique de Magog.

Les plages avaient été fermées à six reprises, et 19 cas de dermatite du baigneur, une affection cutanée notamment causée par les fientes de bernaches et de canard, avaient été signalés.

À l’époque, la ville utilisait un système de pistolet bruyant pour tenter de faire fuir les oiseaux, mais ceux-ci finissaient par s’habituer au son et ne partaient même plus.

Une présence continue des oiseaux de proie serait suffisante pour convaincre les canards et les bernaches de faire leur nid ailleurs.

Durant le processus d'effarouchement, les oiseaux considérés comme nuisibles ne sont pas attaqués, encore moins les humains.

«Il faut intervenir tôt en saison pour éviter que les familles s'établissent. À ce moment, c'est plus compliqué de s'en débarrasser parce que les bernaches, entre autres, reviennent toujours à leur lieu de naissance», explique Sylvain Longpré, coordonnateur, Division des parcs et espaces verts de Magog.

La ville investira 31 000 $ dans les oiseaux de proie cet été.

Libre sur la plage

Munie d'un émetteur, la buse Éra, huit ans, est laissée libre. Elle se pose dans les arbres et se promène de branche en branche.

Après quelques minutes, son maître siffle pour lui indiquer de revenir. Il l'attire avec un morceau de poussin ou de caille placé sur son gant.

« L'oiseau gagne son repas à mesure qu'il travaille», soutient-il.

Sur place, une cinquantaine d'enfants s'amusent dans le parc. Ils ne remarquent même pas la présence du volatile près d'eux.

«Avec les oiseaux de proie, ça ne fait pas de bruit, ça fait le travail et en plus, c'est une attraction pour la ville. Les gens peuvent nous parler, prendre des photos et ça fait partie de notre rôle aussi de passer notre message éducatif qui est de ne pas nourrir les oiseaux», conclut Marc-André Fortin.

Résultats enviables

La municipalité de Magog ne peut prouver l'efficacité réelle des oiseaux de proie sur son territoire.

Toutefois, depuis que ceux-ci assurent l'effarouchement à raison de quatre jours par semaine d’avril à août, les cas de dermatite du baigneur et les fermetures de plage sont en baisse.

Même que l'an dernier, la problématique avait totalement été enrayée.

Aéroport et site d’enfouissement

  • Les services des oiseaux de proie sont requis pour les plages municipales, mais aussi dans les aéroports et les sites d'enfouissement.
  • Selon le contrat, Marc-André Fortin combinera les services de son chien et des oiseaux de proie pour procéder à l'effarouchement.
  • Pour cette activité, le fauconnier doit détenir un permis du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ainsi que du Service canadien de la faune. Autrement, l'activité serait du braconnage.
  • La formation pour devenir fauconnier nécessite de 1 à 2 ans.