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La course péquiste : débat d’idées ou culte de la personnalité?

Veronique Hivon
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Véronique Hivon annoncera officiellement sa candidature dans la course à la direction du PQ aujourd’hui et Alexandre Cloutier devrait en faire autant incessamment. Il ne se passe pas une journée, depuis une semaine, où ils ne jouent pas à qui est le plus  « cute » sans qu’on puisse voir l’ombre d’une de leurs idées.

En toile de fond, Jean Martin Aussant a joué à monsieur Parizeau en servant ses directives, malgré une annonce qu’il ne serait pas de la course, car il doit s’occuper de ses enfants, se donnant du coup un petit air Péladeau. Martine Ouellet laisse entendre qu’elle sera de la course et Nicolas Marceau réfléchit toujours. Pierre Céré pourrait également replonger, même s’il parle du PQ comme s’il en était à l’extérieur et le critique avec virulence sur son approche passéiste.

Cloutier et Hivon logent à la même enseigne au plan des idées et mis à part leur personnalité, ce sera à la marge que nous pourrons distinguer la différence. S’il en était autrement, il faudrait rechercher l’imposteur qui se donne un nouveau masque pour faire croire qu’il en a plus à offrir. Il est triste pour eux qu’ils n’aient pu s’entendre, car ils broutent dans les mêmes prés de sympathisants de centre-gauche modérés qui favorisent un avancement tranquille des idées avec un sourire « Pepsodent » comme jadis dans l’annonce du dentifrice disparu.

Je n’ai pas vraiment de sympathie pour Nicolas Marceau qui se définit comme un candidat de l’économie, car il m’apparaît proche du type de gestion prôné par les libéraux en matière de finances publiques. J’ai pu le constater lorsqu’il était dans l’opposition et qu’il critiquait le ministre Bachand pour son imprudence dans les dépenses gouvernementales, alors que sa retenue aurait entrainé de pires compressions dans les services publics. Cela dit, il porte tout de même un courant d’idées qui le distinguent des deux autres et qui lui donne une raison de se présenter pour faire valoir son approche auprès de sympathisants plus près du centre ou même du centre-droit.

Martine Ouellet et Pierre Céré sont à l’inverse les candidats d’une gauche un plus éloignée du centre, la première faisant preuve de pragmatisme pendant que le second nourrit l’idéal. Ils auraient intérêt à s’entendre pour éviter de se mener un duel dans le même bosquet de sympathisants et d’affaiblir eux-mêmes leur option. Leur heure de gloire est peut-être proche si l’on considère la dernière élection canadienne. Justin Trudeau a triomphé en se pointant plus à gauche que les néo-démocrates face à un gouvernement de droite que les Canadiens ne pouvaient plus souffrir. Le Québec vit ce même échec d’une gouvernance de droite depuis plus d’une décennie. Il est permis de rêver!

Je me désolais la semaine dernière de voir les vautours sortir aussi rapidement après l’annonce de la démission de monsieur Péladeau et j’aurais pensé naïvement que les députés réfléchiraient ensemble sur les meilleures perspectives de faire avancer le programme de leur parti. Il semble que la politique ait horreur du vide et que les carriéristes l’ont vite compris. Souhaitons toutefois que les idées puissent continuer de progresser tout autant que les ambitions personnelles.