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Assemblée annuelle du Groupe TVA : le financement de Radio-Canada sur la sellette

La présidente et chef de la direction du Québecor Groupe Média, Julie Tremblay
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin La présidente et chef de la direction du Québecor Groupe Média, Julie Tremblay

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Le Groupe TVA déplore que Radio-Canada utilise les millions du gouvernement fédéral pour offrir les mêmes contenus que les chaînes privées.

Dans le cadre de son assemblée annuelle, mardi, l’entreprise a indiqué que la programmation de la télévision publique s’apparente de plus en plus à celle de sa chaîne généraliste TVA.

«On ne voit pas de différence entre nous et le diffuseur public. Si vous regardez la programmation, c’est rendu qu’on se bat pour aller chercher des séries américaines. On trouve que ce n’est pas dans le mandat et le rôle de la SRC», a souligné la présidente et chef de la direction du Québecor Groupe Média, Julie Tremblay, en point de presse.

Mme Tremblay a rappelé que les diffuseurs privés, V et le Groupe Serdy (Évasion et Zeste) partagent l’opinion du Groupe TVA. Il y a quelques semaines, les trois entreprises québécoises ont uni leurs voix pour dénoncer l’octroi de 675 millions $ de plus au budget de Radio-Canada, annoncé dans le budget fédéral. Une somme qualifiée mardi matin de «chèque en blanc» par Julie Tremblay.

Le groupe de diffuseurs avait alors déploré que la télévision publique leur fasse une concurrence déloyale en misant sur des productions payantes en écoute et en recettes publicitaires.

Pendant l’assemblée, Julie Tremblay a souligné que Radio-Canada a procédé à une trentaine d’annonces de nouveaux contenus, au cours des derniers mois, en marge de la hausse de son financement.

Séries à succès

Récemment, la télévision publique a acquis des séries américaines à succès, comme «Empire», en plus d’annoncer l’achat de concepts à succès, tel que «Deuxième chance» («The Gift») animée par Marina Orsini et Patrick Lagacé. Radio-Canada a également annoncé le retour de vedettes populaires, comme Marc Labrèche et Véronique Cloutier.

«Il devrait y avoir une complémentarité entre le diffuseur public et les chaînes privées. Les diffuseurs privés ont vraiment une offre commerciale. Et, il y a une partie de la télé, qui est le service public. C’est pour ça que Radio-Canada bénéficie de fonds publics de plus d’un milliard $», a ajouté Julie Tremblay, précisant que Radio-Canada a plus d’argent pour acheter des productions.

Au cours de l’assemblée, la dirigeante a affirmé que Radio-Canada doit être imputable de son financement. Elle estime aussi que la télévision publique doit se concentrer sur certains créneaux, comme le théâtre, la musique et la culture plutôt que d’essayer de se battre sur les cotes d’écoute.

Dans un communiqué émis en fin de journée, Radio-Canada a précisé qu’elle ne reçoit pas de «chèque en blanc» d’Ottawa, car le financement qu’elle obtient répond à un mandat bien précis.

Le diffuseur public a aussi précisé que «le réinvestissement de 675 millions $ sur cinq ans concerne tout le groupe, pas uniquement ICI Radio-Canada Télé».

Groupe TVA réduit sa perte

Par ailleurs, le Groupe TVA a diminué sa perte de moitié au premier trimestre, alors que les revenus ont connu une bonne progression.

La société montréalaise a dévoilé mardi une perte attribuable aux actionnaires de 7,4 millions $ ou 0,17 $ par action, comparativement à la perte de 14,7 millions $ ou 0,57 $ par action encaissée une année plus tôt.

Le bénéfice d’exploitation ajusté s’élève à 0,3 million $, ce qui représente une nette amélioration par rapport à la perte d’exploitation ajustée de 7,7 millions $ au trimestre correspondant de l’exercice 2015.

Le secteur télédiffusion et production a généré une perte d’exploitation ajustée de 3,9 millions $ alors que les services cinématographiques et audiovisuels (MELS) ont inscrit un bénéfice d’exploitation ajusté de 2,1 millions $ et le secteur magazine, de 2 millions $.

Les revenus ont augmenté de 15 % pour atteindre 145,5 millions $. À la fois les services publicitaires, les redevances et services de location de même que les ventes de produits ont contribué à la hausse.