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Le dogmatisme n’est pas l’exclusivité de la gauche

Le dogmatisme n’est pas l’exclusivité de la gauche
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Les propos d'une droite immodérée, visant à faire croire que la gauche radicalisée est omniprésente et dominante, devraient me faire rire tellement elle est loufoque. Toutefois, la puissance des moyens qu’elle déploie pour entretenir le mirage s’avère effrayante et donne plutôt envie de brailler.

Selon certains commentateurs ou polémistes, la gauche brimerait la libre expression des gens de droite au point de les intimider et de les ostraciser. Les médias en serraient des complices implicites en ne moussant pas les projets de la droite et en ayant supposément un regard complaisant sur les manifestations de la gauche. J’ai déjà entendu cet argument lors d’une émission d’affaires publiques où je partageais la scène avec Johanne Marcotte. Celle-ci désespérait que les médias ne lui aient pas donné plus d’audience pour faire la promotion du rassemblement de réseau Liberté-Québec et prétextait qu’ils en avaient que pour la gauche.

Les faits démontrent le contraire presque quotidiennement. La charge du professeur Robert Gagné des HEC contre le gouvernement du Québec, car ce dernier ne lui facilite pas la tâche pour réaliser son palmarès des municipalités, est un exemple de sympathie médiatique bienveillante qui amplifie son message dans l’espace public. Ce chercheur associé antérieurement à l’Institut économique de Montréal n’a pour but que de mettre en concurrence les villes entre elles dans la plus pure tradition capitaliste. Les mêmes remarques pourraient s’appliquer pour le palmarès des écoles produit par le Fraser Institute qui profite également de la générosité des médias.

Pour une mention d’une étude ou d’un commentaire des « think tank » plus progressistes, comme l’IRIS ou l’IREC, on en retrouvera une douzaine de l’IEDM ou autres « think tank » de droite, dans les médias. On pourrait en dire autant des opinions relayées dans les pages Débats des médias : pour une opinion du monde syndical ou communautaire, on y en opposera une douzaine d’autres à saveur patronale ou néolibérale.

En 2013, la firme Influence Communication estimait à moins de 2% la présence de mention syndicale dans les médias et il s’en trouve encore pour se plaindre leur trop grande influence. Pendant qu’un couinement pour la justice sociale se fait entendre de leur part, les oligarques financiers bénéficient de leurs renards pour faire campagne contre toutes propositions qui altèreraient leur fortune et pousse l’audace jusqu’à faire des campagnes qui affaibliraient les mouvements sociaux progressistes.

Ces temps-ci, les affamés de profits s’attaquent au monopole de l’UPA, au processus de syndicalisation, aux régimes de retraite à prestation déterminée et se justifient outrageusement de maintenir un salaire minimum de crève-faim. Les pages « courrier du lecteur » leur sont ouvertes généreusement  et les éditorialistes ne se gênent pas pour renchérir au grand plaisir de leurs patrons.

Cette droite offusquée de l’existence d’un courant qu’elle ne partage pas a bien peu de raison d’être outrée et devrait s’inquiéter de sa propre intolérance. 
 

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