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Hausse du nombre d’accidents: les jeunes policiers de Longueuil froissent de la tôle

La hausse du nombre d’accidents en autopatrouille serait attribuable à l’inexpérience des jeunes agents

L’agent François Alexandre a eu 10 jours de suspension pour cet accident survenu en 2014.
photo d’archives L’agent François Alexandre a eu 10 jours de suspension pour cet accident survenu en 2014.

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Les policiers de Longueuil ont accidenté leurs autopatrouilles plus que jamais en 2015, en partie parce que les jeunes patrouilleurs ont moins d’expérience en conduite de grosses voitures, croit la direction.

On a compté 111 accidents l’an dernier, le pire bilan en cinq ans.

Il s’agit d’une augmentation de 26 % par rapport à 2014, alors que les policiers de Longueuil (SPAL) avaient eu 88 accidents.

«2014 a été une année exceptionnellement basse. Et il ne faut pas penser que ce sont tous des accidents à haute vitesse, sur la route», nuance le chef Denis Desroches, en entrevue avec Le Journal. Plusieurs de ces accidents se seraient d’ailleurs produits «en reculant dans la cour du poste, où il y a 100 véhicules stationnés serrés».

Moins d’expérience

Le directeur du SPAL croit que les policiers en début de carrière sont plus susceptibles d’avoir des accidents.

«Les premières années sont plus critiques. Les jeunes conduisent moins qu’avant et ils ont des Honda Fit ou des Yaris. On leur donne des autopatrouilles, ce n’est pas le même format, pas les mêmes angles morts», illustre-t-il.

Depuis quelques années, il y a aussi plus d’aspirants policiers qui échouent au test de conduite exigé à l’embauche, constate le chef. Ils sont automatiquement éliminés.

Afin de mieux outiller les patrouilleurs, le SPAL remplacera toutes ses autopatrouilles­­ d’ici 2018.

Les nouvelles Ford Interceptor seront toutes équipées de caméra de recul et d’une traction intégrale. Cette deuxième option sera très utile l’hiver.

Hiver difficile

En effet, 54 des 111 accidents survenus en 2015 ont eu lieu entre janvier et mars.

Les «conditions routières très difficiles» de l’hiver 2014-2015 pourraient d’ailleurs aussi expliquer la hausse marquée du nombre d’accidents, lit-on dans le bilan annuel du SPAL.

Un argument qui tient la route, selon le météorologue d’Environnement Canada­­, André Cantin.

Il y a eu plus de journées enneigées que la normale durant les trois premiers mois de l’année 2015. Le mois de février a aussi été le plus froid jamais enregistré à Dorval depuis 1940.

«Quand il fait très froid, le sel agit moins bien», explique-t-il.

«Quand il y a une tempête, on dit aux gens de rester chez eux, mais on ne peut pas dire à nos policiers de ne pas sortir du poste pour répondre aux appels», indique­­ le chef Desroches.


Quatre blessés

L’agent François Alexandre a eu 10 jours de suspension pour cet accident survenu en 2014.
photo d’archives

Le 29 mars 2013, quatre personnes ont été blessées dans un accident impliquant une autopatrouille.

Dans le muret
L’agent François Alexandre a eu 10 jours de suspension pour cet accident survenu en 2014.
photo d’archives

Une policière a été légèrement blessée lorsque son autopatrouille a heurté un muret, le 4 janvier 2014.

Percuté par un automobiliste

L’agent François Alexandre a eu 10 jours de suspension pour cet accident survenu en 2014.
photo d’archives

Un conducteur a percuté une autopatrouille, le 22 janvier 2016.

Accidents impliquant une autopatrouille à Longueuil

  • 2010 : 110
  • 2011 : 100
  • 2012 : 101
  • 2013 : 105
  • 2014 : 88
  • 2015 : 111

Il ne répondait pas à un appel d’urgence

Un policier de Longueuil vient d’être suspendu sans solde pour 10 jours pour avoir causé un accident ayant blessé sérieusement un autre conducteur.

L’agent François Alexandre ne répon­dait pas à un appel d’urgence le 23 février 2014, en soirée, lorsqu’il s’est engagé sur un feu rouge à l’intersection des boulevards Roland-Therrien et Jacques-Cartier, à Longueuil.

Les gyrophares de l’autopatrouille étaient en fonction, mais pas la sirène lorsqu’il a traversé le carrefour, apprend-on dans la décision du Comité­­ de déontologie rendue publique­­ la semaine dernière.

Voyant le feu rouge, il a réduit sa vitesse à 15 km/h, pour ensuite accélérer jusqu’à 42 km/h, au moment de l’impact.

Un amas de neige et un panneau lumineux se trouvant sur le terre-plein central obstruaient son champ de vision.

Séquelles

Le policier a percuté de plein fouet une Hyundai Sonata à bord de laquelle­­ se trouvaient un homme et une femme.

L’autre conducteur a conservé des séquelles de l’accident et sa passagère a été blessée. L’impact a été si violent que les deux voitures sont une perte totale.

«L’agent François Alexandre reconnaît qu’il n’a pas pris les précautions nécessaires [...]», lit-on dans la décision du Comité.

«Il était de sa responsabilité de s’assurer qu’il pouvait entreprendre sa manœuvre sans danger pour les usagers de la route et que celle-ci était comprise par ces derniers», mentionne-t-on.

L’agent, qui avait cinq ans d’expérience, a été suspendu 10 jours sans solde.

Aucune requalification

Les policiers n’ont aucun examen de conduite à passer après leur sortie de l’École nationale de police du Québec­­ (ENPQ).

Leur formation compte 45 heures de conduite préventive au collégial, suivies de 40 heures à l’ENPQ. Sur simulateur­­ et en circuit routier, ils y apprennent principalement à conduire en situation d’urgence.

Comme la formation à Nicolet dure 15 semaines, certains la suivent en été, d’autres en hiver. «Quand ils partent d’ici, ils sont capables de performer dans les conditions dans lesquelles ils ont fait l’examen», dit Yves Bissonnette, instructeur de conduite à l’ENPQ.

 

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