/news/society
Navigation

Les scientifiques qui ont lu l’étude sur la cité maya y croient

L’hypothèse émise par l’adolescent de 15 ans soulève beaucoup de scepticisme

William Gadoury
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

Coup d'oeil sur cet article

ST-JEAN-DE-MATHA | Les scientifiques qui ont analysé le travail sur les mayas d’un adolescent québécois maintiennent que sa théorie tient la route et mérite d’être approfondie.

ST-JEAN-DE-MATHA | Les scientifiques qui ont analysé le travail sur les mayas d’un adolescent québécois maintiennent que sa théorie tient la route et mérite d’être approfondie.

Plusieurs scientifiques et spécialistes des Mayas ont mis en doute la théorie de William Gadoury comme quoi les Mayas choisissaient l’emplacement de leurs cités selon les constellations. Selon plusieurs d’entre eux, il est impossible d’avoir découvert une nouvelle cité maya puisque le territoire aurait été fouillé depuis plusieurs années par plusieurs archéologues. Plusieurs soutiennent qu’il est invraisemblable que les cités aient été basées sur les constellations puisque la civilisation a duré 3000 ans et que les mayas ne pouvaient donc pas avoir prévu l’emplacement des cités dès le départ.

Or, les scientifiques qui ont eu accès au travail de l’adolescent affirment qu’il s’agit d’une recherche scientifique rigoureuse et que seule une visite sur le terrain peut confirmer ou infirmer son hypothèse.

Samedi, Le Journal révélait que William Gadoury, un adolescent de 15 ans de St-Jean-de-Matha, disait avoir découvert avec le soutien de l’Agence spatiale canadienne une nouvelle cité maya en se basant sur les constellations d’étoiles. L’histoire a rapidement fait le tour du monde.

Le spécialiste en télédétection de l’Université du Nouveau-Brunswick Dr Armand LaRocque, qui a travaillé avec William Gadoury, a soutenu hier qu’une partie de l’imbroglio autour de la découverte provient d’une mauvaise image publiée par le journal The Independant. Plusieurs spécialistes ont interprété cette image comme étant un ancien champ de maïs abandonné. Or, l’image publiée par le quotidien anglais n’était pas la bonne.

«Le journaliste a cru qu’il s’agissait des images que j’avais analysées alors que c’est faux», a dit Armand LaRocque. Ce dernier a expédié aux médias hier une des images satellites qui lui a permis de déterminer qu’il semblait bien y avoir des structures humaines à l’endroit identifié par William Gadoury.

Le journal londonien s’est empressé de corriger le tir en publiant les bonnes images fournies par le Dr LaRocque.

Selon Daniel DeLisle, de l’Agence spatiale canadienne, qui a fourni des images satellites de différentes agences spatiales au jeune chercheur, la démarche de William Gadoury ne peut être remise en question.

« William a commencé à faire une hypothèse, développé une méthodologie et a obtenu des résultats qui doivent être validés. Néanmoins, sa démarche est louable. On a appuyé ses recherches et je serais très content pour lui si des vestiges mayas se trouvaient sur son site », a-t-il réitéré hier.

«Il y a toujours eu des sceptiques et des gens pour mettre en doute des théories avancés par des recherches sérieuses. On n’a qu’à penser à Darwin avec sa théorie de l’évolution, Copernic ou Wegener, un météorologiste qui a subjugué les hommes de science avec la dérive des continents, tous ont été ridiculisés. Dès qu’il y a quelque chose de nouveau et d’inédit, on voit un tollé de protestations», précise le Dr.LaRocque.

William Gadoury a fait savoir qu’il n’accorderait plus d’entrevue d’ici la fin de l’expo-science canadienne qui aura lieu du 18 au 20 mai à l’Université McGill.

Ce qu’ils ont dit

«Voilà vingt ans que des dizaines d'archéologues parcourent cette région, et notre équipe à Rio Bec comptait jusqu'à 80 personnes» - Éric Taladoire, archéologue français spécialiste des Mayas

«Le carré découvert par Google earth a été fait par l’homme. Mais c’est un ancien champs de maïs en jachère». - David Stuart, professeur à l’Université du Texas

«Je salue l’effort de l’adolescent. Cependant, la nature rectiligne de la végétation en croissance est un signe clair d’une relique milpa. Je suppose qu’il est en jachère depuis 10 ou 15 ans. C’est évident pour toute personne qui a passé du temps dans les basses terres des mayas.» - Thomas Garrison, assistant-professeur à l’Université Southern California