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Vente de blindés à l’Arabie saoudite: Trudeau ne bronche pas

Vente de blindés à l’Arabie saoudite: Trudeau ne bronche pas
Photo d'archives, REUTERS

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Vente de blindés à l’Arabie saoudite: Trudeau ne bronche pas

Vente de blindés à l’Arabie saoudite: Trudeau ne bronche pas

OTTAWA – Le gouvernement Trudeau n’a pas l’intention d’annuler la vente de blindés à l’Arabie saoudite, malgré la diffusion de vidéos montrant des civils se faire tuer en pleine rue durant des soulèvements populaires en 2012 et 2015.

Les images, obtenues par le quotidien torontois «Globe and Mail», montrent l’armée saoudienne s’attaquer à sa population à l’aide de blindés légers.

L’équipement militaire aperçu dans la vidéo n’est pas d’origine canadienne, mais il est semblable à celui que le Canada va lui livrer au cours des quatre prochaines années.

Interpellé par le NPD lors de la période de questions, le premier ministre Justin Trudeau a martelé qu’il n’est pas question de déchirer un contrat qui a été signé par un précédent gouvernement.

«Nous devons projeter à la face du monde l’image d’un pays qui respecte ses engagements», a affirmé M. Trudeau.

Mais pour le chef du NPD Thomas Mulcair, les images sont suffisamment choquantes pour justifier l’annulation du contrat.

«Soyons clairs, ce n’est pas une question de savoir dans quel pays l’équipement a été fabriqué. C’est le fait d’utiliser contre des civils de l’équipement militaire blindé. C’est ça la vraie question», a dit le chef du NPD à la sortie du caucus du parti.

Mercredi matin, le ministre Dion a admis que la vente de blindés légers au régime de Riyad comporte «un risque calculé». Il a toutefois insisté sur le fait que les blindés qui apparaissent sur les images ne portent pas le sceau du Canada.

Il n’existe aussi à ce jour aucune preuve voulant que l’équipement militaire vendu par le Canada à l’Arabie saoudite depuis 1993 ait été utilisé «à mauvais escient», a-t-il martelé.

La députée néo-démocrate Hélène Lavandière estime que le ministre Dion fait preuve «d’aveuglement volontaire» dans son évaluation des risques de violation des droits de la personne.

«Il faut décider sur la base des risques dans le futur, pas si on a eu des problèmes dans le passé», a affirmé l’ancienne diplomate.

La compagnie ontarienne General Dynamics Land Systems a conclu une entente d’une valeur de 15 milliards $ pour la vente de 900 véhicules blindés légers au pays de la péninsule arabique.

Le gouvernement Harper a d’abord approuvé le contrat en 2014. Durant la dernière campagne électorale, les principaux partis s’étaient tour à tour engagés à respecter l’entente, qui assure quelque 2000 emplois à London, en Ontario.