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Vivre de la misère des autres

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Pendant que la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) lance sa campagne pour rehausser le taux horaire du salaire minimum à 15 $, le Conseil du patronat du Québec profite de ses interventions, en marge du projet de loi C-4, pour exhorter le gouvernement Trudeau à rendre plus difficile la syndicalisation. Ce n’est pas un hasard si les associations patronales sont les groupes les plus farouchement opposés au rehaussement du salaire minimum, car elles l’imposent à leur gré aux travailleurs non syndiqués.

Au service du monde ordinaire

Au début de la décennie, la FTQ a mené une autre campagne qui dépassait largement le bien-être de ses membres. Elle militait pour l’amélioration des régimes publics de retraite, tels le régime de rentes du Québec et la pension de sécurité de la vieillesse du Canada. Bien qu’appuyée par un grand nombre d’organisations de la société civile, elle s’est aussi butée à un refus catégorique du monde patronal.

Ces rehaussements du salaire minimum et des prestations de retraite, proposés par la centrale syndicale, s’inscrivent dans un syndicalisme de transformation sociale qui vise à procurer un travail décent et des conditions de vie convenables pour tous. Ils constituent de puissants leviers pour contrer la pauvreté.

Chacun pour soi

Plus soucieuses du profit des entreprises que du bien-être général, les associations patronales servent un fallacieux discours de responsabilisation en arguant que les travailleurs devraient se prendre en main en réduisant leur consommation et en épargnant pour leur retraite. Drôle de consigne pour des gens qui peinent à se procurer l’essentiel!

Plus pernicieux encore, les tenants du profit à tout prix s’emploient à aliéner ces pauvres du salaire minimum en nous faisant craindre une hausse des prix à la consommation si le gouvernement l’augmentait.

Pour eux, il vaut mieux de continuer de se la couler douce à rabais sur le dos de ces travailleurs pauvres.