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Feu vert à la vente de RONA

Ottawa reste toutefois vague sur certaines conditions de la transaction

Feu vert à la vente de RONA
Photo d'archives

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Le gouvernement fédéral approuve la vente de RONA au géant américain Lowes, mais reste vague sur les conditions de l’entente et le maintien des emplois au Québec.

Le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, en a fait l’annonce vendredi, après que le Bureau de la concurrence a déterminé que cette transaction de 3,2 G$ n’aura pas pour effet d’empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence au Canada.

«Après avoir analysé tous les facteurs, je suis convaincu que cet investissement va constituer un avantage net pour le Canada et le Québec», a affirmé le ministre.

M. Bains soutient avoir consulté le gouvernement du Québec sur cet enjeu avant de prendre cette décision.

Il a dit croire que Lowes allait respecter plusieurs de ses engagements, dont celui de maintenir son siège social à Boucherville, de maintenir le rôle important de Canadiens dans la haute direction de l’entreprise et de garder un niveau élevé d’emplois au pays et au Québec.

Garanties?

Le ministre a indiqué qu’il ne pouvait fournir de chiffres sur les garanties d’emplois, faisant valoir qu’il s’agissait d’information «commercialement confidentielle». Il a cependant soutenu que le nombre était «significatif» et que cet aval du fédéral était «juridiquement contraignant».

Il n’a également pas voulu dire pour combien d’années la compagnie s’était engagée à maintenir son siège social à Boucherville, évoquant les mêmes raisons. Il a cependant dit que c’était à «long terme».

Le ministre a soutenu que la principale conséquence pour Lowes de ne pas respecter ses engagements serait de rendre la «transaction difficile».

«J’ai confiance en Lowes et je crois qu’elle va donner suite à ses engagements, a-t-il dit. [...] Elle veut réussir au Québec et elle veut être certaine de le faire avec RONA», a-t-il fait valoir.

Selon M. Bains, cet investissement sera aussi très avantageux pour la chaîne d’approvisionnement canadienne.

«Grâce à cet investissement de Lowes, les fournisseurs actuels de RONA auront de meilleures occasions d’avoir accès au marché global», a-t-il insisté.

Les dirigeants de Lowes Canada et de RONA ont immédiatement réagi à l’annonce du ministre par voie de communiqué, vendredi, précisant que la transaction finale était prévue le 20 mai.

Réactions de l’opposition

Le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval, représentant le comté où est situé le siège social de RONA, a reproché au gouvernement de ne pas avoir exigé d’«engagement écrit et chiffré» de Lowes.

«Le ministre s’est contenté des belles paroles de Lowe’s, mais, concrètement, rien ne protège les emplois québécois», a-t-il dit.

La députée du NPD, Anne Minh-Thu Quach, a pour sa part demandé au ministre de rendre publics les examens et l'approbation de la vente par son ministère. «Les garanties obtenues par le ministre sont ultra-vagues», a-t-elle déploré.