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Un motard dément le ralliement d’un mafieux connu à son club

Devils Ghosts
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Le motard rencontré dans le bureau de l’avocat Patrice Duliot portait un foulard, des lunettes fumées et une casquette qui préservaient son anonymat.

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Dans une mise en scène rocambolesque, un individu masqué lié aux Devils Ghosts a tenu à démentir la nouvelle voulant qu’un premier mafieux bien connu ait fait le saut chez les motards criminels.

Le 21 avril dernier, sur la foi de sources fiables, notre Bureau d’enquête révélait une information surprenante: le mafieux Nino De Bartolomeis avait été reçu membre des Devils Ghosts, un club affilié aux Hells Angels.

Nino De Bartolomeis
Photo courtoisie
Nino De Bartolomeis

Le samedi suivant, notre Bureau d’enquête a reçu une mise en demeure de manière peu commune, soit par le courriel destiné aux lecteurs qui veulent acheminer des informations aux journalistes.

En voici un extrait: «Il est totalement faux et vos sources ne sont pas dignes de foi en vous rapportant que Nino Brown [le surnom de De Bartolomeis] aurait été reçu membre du club de motards, ces informations sont totalement fausses, erronées et non fondées, ce ne sont là que pure spéculation.»

ENTREVUE CHEZ L’AVOCAT

Nos sources, généralement très bien informées, maintiennent néanmoins leur version et ajoutent même certains détails sur l’alliance entre Nino Brown et le club-école des Hells. Nous avons donc demandé une entrevue aux Devils Ghosts afin de mieux comprendre leur empressement peu commun à nier l’information.

Après quelques tractations, nous avions rendez-vous chez l’avocat des motards, Me Patrice Duliot, qui a déjà représenté le présumé parrain des Devils Ghosts, l’italien Sergio Piccirilli.

Lorsque nous avons pénétré dans le bureau de Me Duliot, un homme portant un foulard au motif de flammes remonté au-dessus du nez s’y trouvait déjà.

« ANYWAY, ÇA SERA PAS LONG »

L’individu coiffé d’une casquette Harley Davidson et portant des verres fumés semblait un peu nerveux. Sur sa veste, il portait les écussons des Devils Ghosts, dont un indiquant qu’il fait partie du chapitre «Montréal» de l’organisation.

Lorsque le journaliste a dit au motard qu’interviewer un individu masqué le mettait mal à l’aise, celui-ci a lancé: «Tu vas voir, anyway, ça sera pas long.»

Pendant que nous tentions de le convaincre de nous donner une entrevue en bonne et due forme, celui-ci a commencé par réciter cette déclaration: «Nino Brown n’a jamais fait partie des Devils Ghosts, pis y en fera jamais partie, c’tu clair, là!»

Le motard s’est ensuite levé rapidement de sa chaise pour se diriger vers la porte du bureau en lançant à l’avocat: «Tu me donneras trois minutes, maître!» Il voulait ainsi éviter que les représentants du Journal ne le croisent en sortant et découvrent son identité.