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Le numéro de Mike Ward ne choque pas le petit Jérémy

Il juge toutefois que le timing est mauvais en raison du procès en cours

Le numéro de Mike Ward ne choque pas le petit Jérémy
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Jérémy Gabriel, impliqué dans une poursuite contre Mike Ward qui s’est moqué de son handicap, ne voit rien de bien méchant dans le numéro censuré de l’humoriste pour le Gala Les Olivier.

La Commission des droits de la personne poursuit Mike Ward au nom de la famille de Jérémy Gabriel. Un jugement est attendu cet été.
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier
La Commission des droits de la personne poursuit Mike Ward au nom de la famille de Jérémy Gabriel. Un jugement est attendu cet été.

Depuis deux jours, le gala est au centre d’une controverse parce qu’un numéro de Mike Ward et Guy Nantel a été retiré de l’événement. Plusieurs répliques du sketch faisaient allusion au procès intenté à Mike Ward par la Commission des droits de la personne au nom de Jérémy Gabriel, l’automne dernier.

«Il n’y a rien de méchant dans le numéro», croit toutefois celui qui est surnommé le «petit Jérémy». Il ajoute qu’il ne se sent pas visé par la polémique. «Je ne vois pas d’allusion directe à moi, ils rient de la Commission [des droits de la personne], mais c’est assez inoffensif, ce n’est pas choquant.»

Dans ce numéro censuré, mais publié vendredi dans Le Journal, Mike Ward affirme qu’il ne veut pas faire de sketch pour éviter de faire scandale.

L’humoriste Guy Nantel tente de le rassurer en lui disant que les gens sont capables d’en prendre. «Tu diras ça à la Commission des droits de la personne», répond-il. «Ça a l’air que, quand tu fais une joke sur quelqu’un, ça blesse plus sa mère», ajoute-t-il plus tard.

Guy Nantel
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Guy Nantel

La compagnie d’assurance qui s’occupe du gala a jugé qu’il y avait un risque de poursuite. Le numéro a donc été retiré, ce qui a provoqué l’ire de plusieurs humoristes.

« Mauvais timing »

Si Jérémy Gabriel dit comprendre leur colère, il croit toutefois qu’il n’est pas question, ici, de liberté d’expression.

«Le jugement dans ma cause n’a pas été rendu, c’est légitime que des avocats ne veuillent pas prendre de chances», dit-il.

Un jugement devrait être rendu d’ici juillet.

«Personnellement, Mike Ward et Guy Nantel peuvent dire ce qu’ils veulent, mais dans le contexte actuel, ce n’est pas une bonne idée. Le numéro est inoffensif, par contre le timing est mauvais.»

Jérémy Gabriel ne compte pas regarder le gala ce soir. Il n’a pas souhaité revenir sur le procès contre Mike Ward puisque, justement, les procédures ne sont pas terminées.

Mère blessée

Au cours du procès, en février, la mère de Jérémy Gabriel avait dénoncé les blagues «ignobles» et «cruelles» de Mike Ward à l’encontre de son fils atteint du syndrome de Treacher Collins.

Jérémy Gabriel avait également raconté l’automne dernier avoir été intimidé à l’école et avoir eu des pensées suicidaires à la suite de précédents spectacles et vidéos de l’humoriste.

Sur Twitter, Ariane Moffatt, également visée par les deux humoristes dans le numéro censuré, a elle aussi jugé qu’il n’était pas particulièrement controversé. «J’ai connu de l’humour plus dérangeant, mettons», dit-elle.

Avis d’avocats

♦ Selon l’avocat généraliste François-David Bernier, le texte du numéro ne présentait aucun risque de poursuite. «La liberté d’expression est très importante et la ligne n’est pas franchie, surtout pas dans ce texte-là», a-t-il dit à TVA Nouvelles.

♦ Me Christian Leblanc, spécialiste des questions relatives à la liber­té d’expression, est toutefois d’avis qu’il est toujours périlleux, pour un humoriste ou pour n’importe qui, de vouloir commenter des dossiers qui sont encore devant les tribunaux.