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Pour nettoyer les écuries des Transports

En janvier dernier, alors ministre des Transports, l'ex-policier Robert Poëti (à gauche) était expulsé du conseil des ministres par le premier ministre Philippe Couillard (à droite).
SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC/A En janvier dernier, alors ministre des Transports, l'ex-policier Robert Poëti (à gauche) était expulsé du conseil des ministres par le premier ministre Philippe Couillard (à droite).

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La nouvelle a fait l’effet d’une bombe à l’Assemblée nationale. Et dans ce cas-ci, ce n’est PAS un cliché usé à la corde.

Avec raison, cet article étayé du journaliste Louis Lacroix sur les circonstances entourant possiblement l’expulsion de Robert Poëti du conseil des ministres en janvier dernier a mis le feu aux poudres.

On y trouve le récit d’un homme qui, aux Transports, se préparait à faire (enfin) le ménage dans son ministère – réputé depuis des lustres pour ses pratiques troublantes dans l’octroi de nombreux généreux contrats publics.

On y lit des allégations d’un «système de comptabilité opaque qui permettrait de camoufler les dépassements de coûts embarrassants dans les grands projets du ministère des Transports» (MTQ) ; de contrats «confidentiels» accordés de gré à gré à certains de ses ex-employés; de vérificateurs obligés d'enquêter sur leurs propres supérieurs et par conséquent, victimes d’intimidation au sein même du MTQ; d'une UPAC qui aurait refusé d’enquêter sur le MTQ; d'une sous-ministre omnipuissante, Dominique Savoie, qui en mènerait large au MTQ et n’aurait pas répondu aux questions pointues de Robert Poëti; de tensions palpables en deux «clans» - celui de la défunte Unité anticollusion (UAC) de Jacques Duchesneau et celui de l’UPAC de Robert Lafrenière ; etc.

Pour les rebondissements d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale, c’est ici. Les partis d’opposition y ont même consacré l’entièreté de la période de questions. Et si vous voulez mon avis, ça ne fait que commencer.

Pour l’analyse, j’y reviendrai demain en chronique dans les pages du Journal.

En attendant, le rappel suivant en vaut la peine.

Lorsqu’il était lui-même ministre des Transports, l’actuel chef intérimaire du PQ, Sylvain Gaudreault avait avancé un des rares projets prometteurs du gouvernement Marois.

Soit la création d’une Agence des transports dont la mission serait de DÉPOLITISER le processus d’octroi de contrats publics au MTQ.

Ce faisant, pour citer l’ex-ministre Gaudreault :

«l’Agence aurait comme mission, d’une part, d’assumer la gestion des actifs routiers et, d’autre part, de réaliser la planification et l’exécution des travaux routiers et des infrastructures, de leur conception jusqu’à leur mise en service, et ce, de l’appel d’offres à la coupure du ruban.

Par son déploiement dans toutes les régions, elle jouerait un rôle majeur dans l’activité économique du Québec. En ce sens, elle garantirait le maintien d’emplois de qualité en région et protégerait les acquis et les droits du personnel du ministère des Transports qui lui serait assigné.

Une culture de la vigilance serait également instaurée. L’Agence se doterait de règles de gestion, de processus de vérification et de suivi ainsi que d’un système de reddition de comptes rigoureux avec les plus hauts standards éthiques auxquels la population est en droit de s’attendre d’un organisme public.

De plus, issue d’une vision des transports du XXIe siècle, l’Agence s’appuierait sur une structure de gouvernance performante, responsable et autonome, relevant d’un conseil d’administration indépendant, et placerait tous les usagers de la route au coeur de sa mission.»

Quant au ministère lui-même, il «continuerait d’agir comme un acteur de premier plan pour doter le Québec d’une vision intégrée des transports, améliorer la mobilité durable et définir les orientations qui en découlent. Il va de soi que le ministère conserverait ses mandats liés aux volets législatif et réglementaire.»

Le projet de loi fut en effet déposé en décembre 2013.

L’élection générale ayant toutefois été déclenchée par la première ministre Marois dès le 5 mars suivant, comme disent les Anglais, the rest is history....

Que pensez-vous de l'idée?

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Addendum :

Pour lire également la lettre de Robert Poëti datée du 27 avril 2016 et envoyée à son successeur Jacques Daoust, c’est ici.