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Accusée d’abus sexuels sur des ados

La jeune femme est dépeinte comme une excellente manipulatrice par ses présumées victimes

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Réputée être une manipulatrice hors pair, une jeune femme de 21 ans des Laurentides est accusée d’avoir abusé sexuellement de plus d’une douzaine de mineures au cours des trois dernières années.

«On était comme ses marionnettes, elle pouvait nous faire faire n’importe quoi», a confié une des présumées victimes sous le couvert de l’anonymat.

Roxanne Auger-Lapointe, de Sainte-­Sophie, a été accusée d’agression sexuelle, de leurre informatique, d’exhibitionnisme, de contact sexuel, d’incitation à des contacts sexuels, d’exploitation sexuelle, d’exploitation sexuelle en position d’autorité et d’agression sexuelle armée causant des lésions, jeudi, au palais de justice de Saint-­Jérôme.

L’enquête a démontré que la jeune femme abordait ses victimes présumées en rôdant en voiture près des écoles de Saint-Jérôme ou par l’entremise des réseaux sociaux.

Consentantes ?

L’adolescente de 15 ans qui s’est confiée au Journal a précisé avoir eu des relations sexuelles «consentantes» avec Auger-­Lapointe en décembre.

Or, aux yeux de la loi, une jeune fille de 15 ans ne peut consentir à avoir de telles relations avec une personne de 21 ans.

Selon nos informations, la majorité des mineures qui figurent dans la liste des victimes auraient été charmées par l'accusée.

Toutefois, au moins une autre adolescente aurait subi une agression sexuelle. «Elle m’a forcée, je ne voulais rien savoir, a-t-elle raconté. Elle m’a retenue sur le lit et elle m’a touché les parties génitales. J’ai eu des bleus sur mes jambes et mes bras pendant une semaine après.»

Charismatique

La jeune accusée avait énormément de charisme et n’avait aucune difficulté à se faire des amis, ont indiqué nos sources.

L’une de ses anciennes fréquentations a également confié que l’accusée influençait énormément ses amies de cœur.

«Elle était incroyablement manipulatrice, a témoigné la femme maintenant âgée de 18 ans, qui a préféré taire son nom. Elle me disait souvent que si je l’aimais vraiment, j’allais faire telle ou telle chose. C’était comme du poison.»

L’accusée aurait fait au moins 13 victimes âgées de 13 à 17 ans et d’autres pourraient s’ajouter, a indiqué l’agent Robin Pouliot, porte-parole de la police de Saint-Jérôme.

– Avec la collaboration de Christian Plouffe

 

Une première en 20 ans de carrière, dit un sexologue

<b>Mario Larivée-Côté</b><br />
Sexologue
Photo d'archives
Mario Larivée-Côté
Sexologue

Une jeune femme qui tient un rôle de prédatrice sexuelle est un cas extrêmement rare, selon un spécialiste.

«C’est la première fois que je vois ça de ma carrière», avoue le sexologue clinicien et expert en délinquance sexuelle Mario Larivée-Côté, au sujet des accusations visant Roxanne Auger-Lapointe.

Immature

«Une femme qui fait ça à répétition comme ça, je n’ai jamais vu ça», ajoute celui qui exerce sa spécialité depuis 20 ans.

Il rappelle que les agressions sexuelles sont en majorité perpétrées par des hommes.

Pour l’expert, les présumées pratiques sexuelles de l'accusée pourraient s’expliquer de deux façons.

D’abord, le fait qu’elle serait tournée constamment vers des adolescentes témoigne qu’elle est trop «immature» pour interagir avec des femmes de son âge.

M. Larivée-Côté croit également que les mineures lui plairaient simplement davantage physiquement.

«Au niveau des formes, les jeunes filles de cet âge-là sont moins développées, ont moins de hanches, de fesses et de poitrine, par exemple, précise-t-il. Peut-être que ça l’attirait.»

Chose certaine, l’accusée aurait agi comme une réelle «prédatrice» lorsqu’elle allait à la rencontre de ses victimes présumées, croit le sexologue. «C’est visiblement une fille qui allait à la chasse», a-t-il ajouté.

Dénonciation

En tenant compte de son expérience, M. Larivée-Côté est convaincu que d’autres victimes s’ajouteront dans les prochaines semaines.

«C’est évident. Moi, je crois qu’il n’y a même pas 10 % des filles qui l’ont dénoncée», a-t-il conclu.

Depuis la médiatisation du dossier, d'autres mineures ont déjà contacté les policiers pour dénoncer, dont une résidente de Québec.