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Le Venezuela au bord du coup d’État

VENEZUELA-CHAVEZ/ANNIVERSARY
Photo Reuters Nicolas Maduro

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Pas drôle d’habiter au Venezuela ces temps-ci. Les Vénézuéliens manquent de tout. La faim s’installe. L’inflation pourrait atteindre 720 %. À qui la faute? Les opposants au régime expliquent que le président Nicolas Maduro est responsable de ce gâchis.

Le président Maduro accuse les «puissances bourgeoises occidentales», en premier lieu les États-Unis. Et pour bien montrer qu’il a les choses en main, il menace en termes à peine voilés de faire un coup d’État d’ici quelques jours.

1. Qui gouverne au Venezuela ?

La scène politique est divisée. Nicolas Maduro a succédé en 2013 à Hugo Chavez, mort d’un cancer en 2013. Maduro n’a pas tardé à se faire détester des deux tiers de la population. En décembre 2015, les élections législatives ont d’ailleurs porté au gouvernement l’Action Démocratique, avec 109 députés. Le regroupement du président Maduro, le Grand Pôle Socialiste, n’a obtenu que 55 députés.

Mais voilà, depuis des décennies les présidents vénézuéliens ont l’habitude de gouverner par décrets. Bien entendu, un parlement contrôlé par l’opposition n’allait pas accorder ce pouvoir à Maduro. Pour s’assurer d’un maximum de pouvoirs, le président Maduro a donc ordonné l’État d’urgence le 15 janvier 2016. Il a renouvelé l’État d’urgence le 14 mai. Pendant ce temps, l’opposition a fait circuler une pétition signée par près de 2 millions de personnes qui demandait un référendum sur la démission de Maduro. Le président a refusé tout référendum sur son départ.

2. Quels sont les récents développements ?

La situation s’est envenimée encore un peu plus ces derniers jours. Les députés ont refusé d’entériner l’État d’urgence. De son côté, Maduro a demandé à l’armée de se préparer à toute éventualité. Devant cette impasse, le chef de l’opposition à Maduro, Henrique Capriles, a exhorté l’armée à trancher: ou bien vous êtes du côté de la constitution ou bien vous êtes du côté de Maduro. Il a demandé à la population de désobéir à Maduro. Partout des gens affamés et mécontents descendent dans la rue.

3. De quel côté se rangeront la police et l’armée ?

Pour le moment, il semble que l’armée et la police se sont rangées du côté de Maduro. C’est qu’il vient de leur octroyer un pouvoir extraordinaire. Dans un pays ultra corrompu et aux prises avec des pénuries de toutes sortes, le président vient de les autoriser à prendre en charge toutes les questions de distribution alimentaire ou de produits de première nécessité. Maduro a aussi demandé à l’armée d’occuper les usines alimentaires. Il vient donc de donner aux policiers et aux soldats un accès illimité à l’assiette au beurre. Ces derniers risquent d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour se livrer à toutes sortes de trafics et pour s’enrichir.

4. Est-ce la faute des pays étrangers ?

Maduro accuse certains pays étrangers de comploter pour le faire tomber. En vérité, la chute des cours du pétrole explique une bonne partie des problèmes économiques du Venezuela. Le pétrole compte pour environ 60 % du PNB du pays et 35 % de ses exportations vont vers les États-Unis. Si les Américains avaient vraiment voulu nuire au Venezuela, il ne leur suffisait que de couper leurs importations vénézuéliennes, ce qu’ils n’ont pas fait.

5. Pourquoi le pétrole ne suffit-il pas ?

La triste vérité est que comme bien des États pétroliers, le Venezuela n’a pas été capable de bien gérer sa rente pétrolière, ni de se diversifier. La gestion catastrophique des gouvernements Chavez et Maduro a amplifié le problème.

 

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