/news/green
Navigation

Devant la cour pour avoir annoncé de la pluie

michel morissette chroniqueur météo
Photo d’archives Michel Morissette est poursuivi pour 6540,84 $ par le promoteur du circuit Sanair qui a annulé deux évènements à cause des prévisions.

Coup d'oeil sur cet article

Dans une poursuite pour le moins inusitée, un promoteur de courses automobiles réclame 6500 $ à un chroniqueur météo de la Rive-Sud à qui il reproche d’avoir annoncé de la pluie.

Le président de Projets Spéciaux Sanair, qui gère le circuit du même nom à Saint-Pie, estime avoir perdu cet argent lorsque deux évènements ont été annulés sur la base de prévisions de pluie faites par Michel Morissette.

Ce dernier opère la Station climatologique La Providence à Saint-Hyacinthe.

Il est aussi la voix de la ligne 450 771-BEAU depuis plus de deux décennies.

«Le 1er juin 2015, les pistes du demandeur étaient louées à l’Académie pour une école. [...] Le défendeur annonçait de la pluie toute la journée. L’Académie a résilié le contrat la veille à cause des prévisions météo du défendeur, mais qui se sont avérées fausses et erronées», écrit le promoteur Jacques Guertin dans sa requête à la Cour des petites créances.

Le scénario se serait répété quatre jours plus tard. Le promoteur affirme avoir dû annuler une soirée de courses d’accélération le 5 juin 2015, à cause d’une averse prévue.

Pourtant, aucun contrat ne liait Projets Spéciaux Sanair et Michel Morissette, d’après Le Courrier de Saint-Hyacinthe, qui a révélé l’histoire cette semaine.

Environnement Canada

La requête ne précise toutefois pas s’il a vraiment plu lors de ces deux journées.

Le chroniqueur météo affirme quant à lui que Dame Nature a bel et bien fait tomber quelques gouttes, dans des documents qu’il a déposés à la cour pour sa défense. «Les prévisions ont été préparées par Environnement Canada et retransmises de bonne foi par moi», dit M. Morissette dans sa contestation.

Jacques Guertin, propriétaire de la piste d'accélération Sanair, à Saint-Pie-de-Bagot.
Photo courtoisie
Jacques Guertin, propriétaire de la piste d'accélération Sanair, à Saint-Pie-de-Bagot.

Notons qu’à l’origine, Jacques Guertin poursuivait aussi Environnement Canada.

Le service juridique de l’organisme a toutefois contre-attaqué en exigeant que la cause soit entendue par un juge de la Cour supérieure plutôt qu’à la Cour des petites créances. Jacques Guertin a fini par se désister en cours de route.

Arroseur arrosé ?

Dans sa poursuite initiale, l’homme d’affaires ne se limitait pas seulement aux deux journées où il aurait perdu de l’argent.

Il prétend avoir «perdu des dizaines de milliers de dollars suite aux prévisions mal fondées ou complètement fausses des défendeurs».

On pourrait toutefois assister à une histoire d’arroseur arrosé, puisque Michel Morissette réclame à son tour 1000 $ à Projets Spéciaux Sanair «pour tous les problèmes que cette cause [lui] a apportés». Un juge tranchera le débat le 20 juin prochain.

Joints par Le Journal, MM. Morissette et Guertin ont refusé de commenter.