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Hauts gradés francophones

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Le gouvernement Trudeau a corrigé mardi une grave injustice à l’endroit des francophones commise en 1995 par celui de Jean Chrétien, qui avait fermé le Collège militaire royal de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les conservateurs l’avaient certes rouvert en 2008, mais avec un statut d’institution collégiale à vocation militaire.

Le Collège vient de retrouver sa mission universitaire, comme M. Trudeau s’y était engagé en campagne électorale. Des négociations seront maintenant menées avec le gouvernement du Québec à cette fin.

Avant 1995, il comptait deux facultés: administration et humanités, sciences et génie.

André Caillé, qui était PDG d’Hydro-Québec pendant le grand verglas, le général Roméo Dallaire, le ministre Marc Garneau, ex-astronaute, sont des produits du Collège Saint-Jean.

D’éminents professeurs y ont enseigné, comme Charles Philippe David, expert en science politique et chercheur. Il a été professeur d’études stratégiques au Collège de 1985 à 1995. Un des défis sera de reconstruire un corps professoral d’une aussi haute qualité que dans le passé.

Inscriptions en chute

Après la fermeture du Collège militaire de Saint-Jean, les francophones qui visaient une carrière d’officier dans les Forces armées devaient s’inscrire à celui de Kingston, en Ontario. La ville compte 159 000 habitants, dont 5000 francophones.

Le nombre de Québécois qui choisissaient cette formation a ainsi chuté de moitié. Le Royal 22e Régiment fut particulièrement affecté.

La place des Québécois

Le recouvrement du statut universitaire contribuera à ce que des francophones occupent des postes de commandement au sein des Forces.

Il est essentiel que les Québécois prennent cette place qui leur revient aux grades supérieurs et qu’il n’y ait pas que de simples troufions parlant français, confinés au travail de fantassins.

Tout comme la présence de francophones est importante, en nombre proportionnel, au sein de la GRC, de l’Agence spatiale canadienne et d’autres institutions fédérales. C’est la meilleure façon de prévenir la discrimination, entre autres.