/opinion/columnists
Navigation

La reine des Patriotes

Coup d'oeil sur cet article

Pourquoi les nationalistes ont-ils tant de misère à rallier la Nation dans leur combat pour la «libération» du Québec? Peut-être à cause de leur entêtement à nous décrire comme des victimes?

Si les nationalistes avaient un peu plus d’humour, et de maturité politique, ils marqueraient la fête de la Reine Victoria demain à grands coups de fleurdelisés, en français, et avec un sourire narquois disant: vous ne nous avez pas eus! Nous sommes encore là – et plus forts que jamais!

Mais, non! Les nationalistes québécois préfèrent célébrer des perdants et des défaites.

Fêter des défaites

Pendant longtemps, ce fut Dollard des Ormeaux, victime des Iroquois, au Long-Sault, en 1660. Mais Dollard – qui a des monuments, rues, ville, à son nom – n’était peut-être qu’un brigand, finalement. Il fut «bumpé» de la nomenklatura en 2002 par la «journée nationale des Patriotes». C’étaient des rebelles, opposés au colonialisme britannique, comme il y en avait aussi en Ontario et aux États-Unis. Mais ici, on les a habillés en proto-péquistes, victimes de la répression fédérale. Des Québécois. Victimes. Des Anglais.

L’époque victorienne était d’une culture oppressive, raciste et méprisante, certes. Mais nous y avons survécu. Elle a aussi créé plusieurs des plus formidables institutions, édifices, entreprises, monuments de Montréal, du Québec. Et qui profite de cet héritage, maintenant? Nous tous!

L’héritage anglo du Québec

Allons-nous l’admettre? Admettre que les Anglos ont créé des choses ici qui durent encore, et qui enrichissent notre héritage, notre patrimoine de Québécois? Non!

En ce jour de la fête de la Reine Victoria – figure d’une époque révolue depuis 1901 –, on préfère pleurer les perdants d’une révolte romantique et suicidaire, des felquistes d’il y a 180 ans.

Les nationalistes devraient ajuster leur discours misérabiliste.

Ce n’est pas facile de convaincre une majorité de Québécois qu’ils sont une nation opprimée dans un pays hostile en ce moment, parce que ce n’est, clairement, plus le cas.