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Et soudainement, Uber miaule

Quand le commun des mortels 
vante une course Uber à la différence 
d’une course en taxi, le premier 
commentaire est toujours le même: 
enfin, c’était propre!
Photo d’archives Quand le commun des mortels vante une course Uber à la différence d’une course en taxi, le premier commentaire est toujours le même: enfin, c’était propre!

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Uber montrait ses muscles. À la française, on dirait qu’il roulait des mécaniques!

Il menaçait de déserter le Québec si on ne se pliait pas à ses demandes et caprices. En gros, il voulait faire sa loi plutôt que se soumettre aux lois.

C’est souvent comme ça avec les grandes entreprises capitalistes: elles se croient tout permis et tournent en dérision les pouvoirs démocratiques.

Les élus? De vieilles barbes dont on peut se moquer!

Et soudainement, Uber s’est mis à miauler. Oh! De tout petits miaulements!

Mais l’entreprise qui n’en finissait plus de montrer ses muscles veut faire quelques concessions. Évidemment, les concessions sont mineures. On peut même croire que ces concessions soudaines relèvent du marketing politique.

C’est même certain. Et pourtant, ce n’est pas rien. Uber, désormais, veut négocier.

Un État fort

L’idéologie dominante veut nous faire croire que les États sont désormais impuissants devant les Uber de ce monde.

Il faudrait s’y soumettre, faire ce qu’elles veulent, ramper s’il le faut, et à la fin dire merci.

On constate maintenant une chose: quand le gouvernement met de la pression sur Uber, elle peut porter ses fruits. Quand le gouvernement se tient debout, il peut changer les choses. Retenons la leçon. Avoir un peu de colonne vertébrale, ça peut payer.

Uber se réclame de la modernité! Que de sottises ne cache-t-on pas derrière ce beau mot.

On a vu la campagne publicitaire menée par cette entreprise ces dernières semaines. On y jouait sur l’individualisme radical des jeunes générations.

Un peu plus et les contraintes imposées à Uber par Québec étaient présentées comme d’inadmissibles vexations aux droits de l’homme.

Il faut souvent se méfier de ceux qui camouflent leurs intérêts derrière des droits.

Cela ne veut pas dire qu’Uber soit le diable. L’industrie du taxi est vétuste, on le sait.

Quand le commun des mortels vante une course Uber à la différence d’une course en taxi, le premier commentaire est toujours le même: enfin, c’était propre!

Ce n’est pas un détail. Cela veut dire que l’industrie du taxi était tellement assurée de ses privilèges qu’elle ne prenait même plus soin de ses clients.

Compromis

Uber n’a pas le droit d’arriver ici, de tout bousiller, de détruire une industrie et ceux qui en vivent comme s’ils étaient de vulgaires rebuts à balayer au nom du progrès. Des milliers de vies sont en jeu.

Ce qu’il faut, c’est réussir la transition.

On peut accueillir Uber comme une force d’innovation. C’est le bon côté du capitalisme: il force chacun à innover pour conserver sa place. Très bien.

On cherche maintenant un compromis politique.

L’industrie du taxi doit se transformer en profondeur. Le modèle de taxi Téo, d’Alexandre Taillefer, est inspirant.

De la même manière, Uber doit comprendre que le monde ne se soumettra pas à ses désirs. Dans une société civilisée, une entreprise, aussi dynamique soit-elle, n’a pas à adopter un comportement tyrannique.