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Fleury sera en demande

Si jamais les Penguins décident de se départir de Marc-André Fleury, il devrait y avoir plusieurs équipes intéressées au vétéran gardien.
photo D’ARCHIVES Si jamais les Penguins décident de se départir de Marc-André Fleury, il devrait y avoir plusieurs équipes intéressées au vétéran gardien.

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Quand une formation fait face à l’élimination et que ton nom n’apparaît pas sur la liste des partants, il s’agit d’un indice. Et, c’est encore plus évident quand ton équipe dispute un match ultime qui décidera du représentant de l’Association de l’est à la grande finale de la Coupe Stanley, et encore, ton poste est occupé par un jeune gardien de 21 ans, ça laisse croire que ton statut au sein de l’organisation n’est plus le même.

Et sûrement pas pour les bonnes raisons.

Matthew Murray, qui sera le gardien partant d’Équipe Amérique, au tournoi de la Coupe du Monde en septembre prochain, a ravi le poste de gardien numéro un que détenait depuis de nombreuses années, Marc-André Fleury. Est-ce la fin du vétéran gardien dans l’organisation des Penguins?

On pourrait faire un rapide parallèle entre le contexte qui a permis à Murray d’atteindre le statut du gardien d’influence de l’organisation et l’émergence de Tom Brady. Le quart n’avait-il pas remplacé Drew Bledsoe, sur la touche en raison d’une blessure. Bledsoe n’a jamais pu récupérer son statut de quart-arrière numéro un des Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Jim Rutherford et son entraîneur, Mike Sullivan, ont-ils bien des options avec la hausse des salaires et un plafond salarial qui risque de demeurer à 71.4 millions $, l’hiver prochain? Dans le hockey d’aujourd’hui, on ne peut plus s’arrêter au talent du joueur ou encore à son passé au sein de l’entreprise. Ce sont les dollars qui invitent les décideurs à prendre des décisions tranchantes.

Pas de marge de manœuvre

Et Marc-André Fleury n’échappera pas à l’équation d’autant plus que son organisation est prise à la gorge avec plusieurs hauts salariés.

Les Penguins n’ont aucune marge de manœuvre relativement au plafond salarial. Au cours de l’entre-saison, ils auront à décider si Beau Bennett, Ben Lovejoy, Matt Cullen et Justin Schultz demeurent avec la formation. Mais, encore, faudra-t-il les remplacer et ça va coûter quelques millions de dollars.

Au repêchage, ils n’ont pas de choix lors du premier tour, par conséquent, Rutherford et son groupe devront trouver un moyen dans le but de réduire la masse salariale. Curieusement, les deux formations qui s’affronteront ce soir dans le dernier match de la finale de l’Association de l’Est, auront à modifier leurs effectifs afin de répondre aux règlements du plafond salarial.

Steve Yzerman a plusieurs dossiers sur son bureau, notamment Steven Stamkos. N’oublions pas également que Nikita Kucherov et Alex Killorn terminent la dernière année de leur entente. Kucherov a comme point de référence, pour les prochaines négociations, le contrat signé par Vladimir Tarasenko, l’été dernier, avec les Blues de St. Louis. Une entente de 60 millions $ pour huit ans.

Yzerman aura également à préparer les négociations avec Victor Hedman et Ben Bishop, deux joueurs autonomes sans restriction à la fin de la prochaine saison. Hedman exigera-t-il un contrat similaire à celui de PK Subban? Ondrej Palat, Tyler Johnson, ainsi que Jonathan Drouin seront des joueurs autonomes avec restriction.

Des équipes intéressées

Mais revenons au dossier Fleury.

Si jamais les Penguins lui demandent d’oublier sa clause interdisant à ses employeurs de l’échanger sans sa permission, il est clair qu’il sera un gardien convoité par des équipes telles que les Flames de Calgary et les Stars de Dallas, en particulier. Il y a aussi le projet de l’expansion qui laisse les directeurs généraux dans le brouillard.

Fleury touche un salaire annuel de 5,750,000 $. Son contrat prend fin après la saison 2018-19. Il s’agit d’une situation intéressante pour une formation qui est à la recherche d’un gardien d’expérience, d’un gardien qui a une intéressante feuille de route, bien que les résultats en séries éliminatoires depuis la conquête de la coupe Stanley, il y a sept ans, soulèvent des interrogations. Cependant, je suis persuadé que les gens à Dallas et à Calgary accueilleraient à bras ouverts un gardien comme Fleury.

Par ailleurs, il y a aussi l’option de jouer la carte de la prudence. Matthew Murray est un gardien talentueux mais il n’a pas encore affronté le calendrier de 82 matchs de la Ligue nationale. Les Penguins peuvent-ils courir le risque de mettre tous leurs œufs dans le même panier?

Peut-être pas... à moins que le match de ce soir plonge les décideurs des Penguins dans le doute, ce qui serait étonnant.

Un prix à payer

Car, comme je vous le précisais, parfois le plafond salarial invite les décideurs à prendre des décisions d’affaires et non des décisions de hockey. Jim Rutherford et son homologue du Lightning, Steve Yzerman, n’ont pas le choix. Devront-ils éventuellement se départir de joueurs aussi importants que Evgeni Malkin? Ou encore Ben Bishop? Dans le cas de Stamkos, le Lightning ne se retrouve-t-il pas dans un cul-de-sac? L’argent qu’on devra verser au capitaine de l’équipe pour qu’il demeure à Tampa ne compromettra-t-il pas l’avenir de certains jeunes joueurs avec l’organisation?

Rutherford et Yzerman ont atteint plusieurs objectifs cet hiver mais il y a toujours un prix à payer quand on recherche l’excellence. Et, habituellement, il faut modifier la structure financière de l’organisation au cours des prochains mois, c’est l’exercice qui les attend au cours des prochaines semaines et des prochains mois,

Et, ils devront éviter les pièges du plafond salarial.