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Ma vie en diamant

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Je m’envole pour Rome lundi, où on m’attend pour une importante réunion. Il sera question de diamant!

J’ai la chance d’être invité à une rencontre de la prestigieuse Diamond League le jeudi 2 juin, au stade olympique de Rome. Cette «Ligue du diamant» est une série de 14 rencontres réservées à l’élite internationale de l’athlétisme dans 16 épreuves.

Sur invitation seulement

Contrairement à tous les sports olympiques, dans lesquels les participations aux Coupes du monde sont déterminées selon des standards ou des classements, la Diamond League fonctionne par invitation.

Plusieurs facteurs militent en ta faveur pour décrocher une invitation. Évidemment, il y a tes performances, mais il y a aussi ta réputation, ta nationalité et l’influence de ton agent. Dans mon cas, Kris Mychasiw possède un bon réseau de relations en Europe. Dès que j’ai participé à ma première Diamond League à Oslo en juin 2015, je me suis fait remarquer et c’est devenu plus facile de me «vendre» par la suite.

Heureusement pour les Canadiens, la majorité des rencontres de la Ligue du Diamant ont lieu en Europe. Et être un Canadien apparaît presque exotique aux yeux des Européens!

Ce Golden Gala, comme on l’appelle à Rome, n’est cependant pas le plus populaire de tous. Il est présenté dans le stade olympique, qui est immense, et il n’y a pas une grosse foule. À sa défense, il semble toutefois que la piste soit super rapide, ce qui peut être perçu comme un avantage du point de vue des athlètes.

Par contre, l’ambiance peut être impressionnante ailleurs. J’ai couru à Oslo et à Monaco, où les stades étaient remplis de 15 000 spectateurs, et à Stockholm aussi, où il y en avait 10 000.

Les plus grosses rencontres sont celles de fin de saison, en septembre. À Bruxelles, le stade est plein, avec plus de 60 000 personnes. À Londres, où l’événement se tient depuis 2012 dans le stade olympique, il y a un total de 100 000 spectateurs durant les deux jours.

Pas encore Usain Bolt!

Je ne suis pas encore assez bien classé au niveau mondial pour demander de l’argent à une compétition. Si on prend Usain Bolt et Mo Farrah, par exemple, ils vont exiger un montant X pour se présenter à une rencontre. Pour ces têtes d’affiche, c’est dans ces occasions qu’ils peuvent amasser beaucoup d’argent.

Bolt va probablement courir à Paris en fin de saison, ce qui va lui donner quelque chose comme 100 000 $ juste en se présentant à la ligne de départ. S’il gagne la rencontre, il va toucher 10 000 $ ou 15 000 $ additionnels.

J’appartiens à la catégorie des athlètes qui se font le moins payer leurs dépenses. Le traitement que je reçois de la part des organisateurs de Rome n’est cependant pas négligeable. J’obtiens un remboursement de 800 $ US pour m’aider à payer une partie du coût de mes billets d’avion. L’organisation assume toutes les dépenses liées à l’hébergement et aux repas durant mes trois journées à Rome.

Généralement, on habite dans des hôtels quatre ou cinq étoiles. Pas trop désagréable!

— Propos recueillis par Alain Bergeron